L’alternance des scènes dans un roman

ScènesL’alternance de descriptions et de dialogues semble être une évidence pour la plupart des écrivains, mais qu’en est-il de l’alternance des scènes qui se passent dans des lieux différents ? Dans ce billet, je vous livre à nouveaux mes interrogations, rien de plus.

Sauf à ce qu’elle se déroule dans un huis clos, ou que le récit soit raconté à la première personne, une histoire ne se réduit pas à une succession linéaire d’événements. Dans une histoire, chaque protagoniste a sa propre vie, évolue dans un environnement qui lui est propre. Tous les personnages ne se trouvent pas forcément au même endroit au même moment. Il est donc nécessaire d’alterner les scènes : on va parler d’un personnage, la plupart du temps le personnage principal, décrire ce qu’il fait, le faire agir, le faire parler. Puis, il faudra introduire un deuxième personnage, un troisième… Or ces personnages ne se côtoient pas en permanence. Certains même ne seront pas amenés à se croiser avant des dizaines de pages. Comment passer d’une scène à l’autre, sans donner la sensation d’un récit décousu, même si la chronologie est parfaitement respectée ? Faut-il éviter les va-et-vient d’un personnage à l’autre et s’appliquer à en dire le plus possible sur ce qui se passe dans la vie de l’un des protagonistes avant de changer de lieu ?

Comment organiser la chronologie de ces scènes pour donner du rythme à l’histoire, donner l’impression qu’on assiste en parallèle à différentes péripéties pour éviter la monotonie, mais sans risquer de faire perdre le fil au lecteur ? Faut-il alterner scènes courtes (par exemple 3 pages) et scènes longues ? Rallonger une scène à dessein, pour faire monter la tension, parce que l’on sait que le lecteur va attendre impatiemment la scène suivante, celle où des révélations sont attendues ?

Quelle est votre approche personnelle ? Pensez-vous qu’une alternance de scènes courtes, pour donner du rythme ou pour provoquer la frustration du lecteur, soit une bonne technique ? D’après vous, peut-il y avoir plusieurs scènes dans un même chapitre ?

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Photo Gertie_DU, avec l’aimable autorisation de son auteur

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La question du lieu dans un roman ou une nouvelle

Nom de villeSi la question des personnages est très souvent abordée, celle concernant les lieux l’est beaucoup moins. Je m’interroge sur la façon de situer le cadre dans lequel se déroule une histoire. Vaut-il mieux faire appel à un lieu qui existe vraiment ? Faut-il le nommer ou lui inventer un nouveau nom ?

Bien entendu, la question se pose moins lorsqu’il s’agit d’un récit fantastique ou  de science fiction, sauf à mélanger les genres. Je pense plutôt aux histoires réalistes, celles qui se déroulent de nos jours.

Pour situer le cadre de vie de votre héros, avez-vous pour habitude de nommer la ville dans laquelle il habite ainsi que tous les lieux qu’il va traverser ? Ou bien préférez-vous rester évasif et vous limiter à des descriptions, tout en vous inspirant d’un lieu réel, mais sans jamais le nommer ? Ou alors inventez-vous un nom de toutes pièces ? C’est ce que j’ai fait pour « La révélation » avec Saint-Sauveur.

Pour ma part, lorsque je dois décrire un lieu (une ville) j’hésite toujours. Décrire certaines rues ou quartiers de Paris en utilisant leur vrai nom ne me pose pas de problème. C’est une ville cosmopolite, mondialement connue, où tout peut arriver. En revanche, nommer la petite ville dans laquelle j’ai grandi ou celle où je vis actuellement, me donne l’impression d’ôter de la saveur à l’intrigue, d’en faire quelque chose d’étriqué.

J’éprouve cette même réticence lorsque je lis un roman dans lequel une partie de l’intrigue se déroule dans une ville que je connais bien. Comme si, bizarrement, la description d’un quartier ou d’une rue que j’ai déjà vue faisait perdre de la crédibilité ou de la force à l’histoire. En revanche, aucun problème lorsque par exemple je lis un auteur américain. Il s’agit de lieux qui ne me sont pas familiers, que je découvre à travers le regard du romancier et qui ont du coup un petit air d’exotisme. Et pourtant, ils existent réellement.

Vaut-il mieux inventer le nom d’une ville ? Si elle est imaginée de toutes pièces, faut-il malgré tout la situer avec précision ou rester évasif ?

Autre chose : pensez-vous qu’il faut décrire l’environnement dans lequel vit le héros dès les premières pages ou faut-il instiller les descriptions par petites touches tout au long du récit ?

Merci d’avance pour vos témoignages…