Le terrain vague

FricheDésormais, le terrain vague avait disparu derrière une haute palissade. En moins de deux jours, elle avait été érigée par une équipe d’ouvriers venus d’on ne sait où. Ils parlaient un dialecte que nul n’avait jamais entendu. Le troisième jour, le bruit des marteaux se tut. La friche était définitivement masquée aux yeux des curieux. De tous les gamins du quartier, José était le plus débrouillard, mais aussi le plus rebelle.

— Notre terrain de jeu ! Ils ont barricadé notre terrain de jeu, s’écria-t-il en donnant un coup de pied rageur à une planche de bois.

D’autres enfants s’approchèrent. Gilles, genoux écorchés et tignasse d’un blond filasse en désordre. Marco, le plus jeune, serrant dans ses menottes un diplodocus en plastique qui en avait vu de toutes les couleurs. Enfin, Gaëlle, rouquine en robe courte et socquettes blanches bordées de dentelle déchirée. Ils avaient amassé tant de trésors au fil de leurs escapades au milieu des hautes herbes. Casseroles cabossées détournées en percussions, tube de dentifrice à moitié vide, cartons d’emballage avec lesquels ils fabriquaient tout un dédale de couloirs et de passages secrets. Un jour, ils trouvèrent même un vieux dentier jauni dont José se servit pour se déguiser en monstre. Ce jour-là, il avait tellement ri devant la mine apeurée de Marco.

— C’est dégoûtant ! s’était alors exclamée Gaëlle, quand il s’était emparé de cet accessoire grotesque et répugnant.

Le dédain se lisait sur sa frimousse. Pourtant, elle n’avait pas été en reste, lorsqu’elle avait ramené du jardin du père Mathieu une boite en fer remplie de doryphores dont elle s’était servi pour décorer un gâteau confectionné avec un peu de terre et d’eau.

Ici, les activités de gosses de riches n’avaient pas cours. Pas de leçons de musique, de séances de poney, ni de cours de danse. Pas de douceur ni de délicatesse, uniquement la violence distillée au quotidien, sans cesse, comme un disque rayé. Ici, on ne vous apprenait pas à dire « s’il vous plaît » ou « merci », ici, on vous décalquait contre le mur si vous faisiez preuve d’insolence. Le danger vous guettait à tous les coins de rue. Le terrain vague, c’était la liberté, un don du ciel pour ces gamins qui n’avaient rien d’autre que leurs rêves. La décision de la ville avait été drastique. Bientôt, une tour de vingt étages se dresserait là, avec un centre commercial flambant neuf, un nouveau départ pour ce quartier qu’ils disaient en déclin. C’est drôle, en pensant bien faire, ils allaient livrer ces gamins à la rue et en faire des parias. Non, au fond, tout ce déballage n’avait rien de drôle.

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Ceci est ma participation au défi
LES PLUMES à thème n°26  lancé par Asphodèle
sur le blog  Les lectures d’Asphodèle .Ecritoire

L’exercice consistait à rédiger un texte ayant pour thème « la ville ». Les mots suivants étaient imposés :

Dentifrice, délicatesse, deux, débrouillard, désirer, danse, danger,
diplodocus, dentier, désordre, décalquer, drastique, douceur,
dédain, désormais, dentelle, dromadaire, don, dédale, déballage,
doryphore, drôle, départ, disque, déclin, distiller
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Les coulisses

Cette semaine, pas de nouvel épisode pour mon histoire. Quand j’ai vu tous ces mots, j’ai pris peur et j’ai préféré rédiger un autre texte. Au début, je pensais écrire une histoire d’animaux, mais après plusieurs tentatives infructueuses j’ai renoncé. Parfois, quand l’inspiration me fait défaut, j’écris plusieurs débuts et j’en sélectionne un. Cette fois-ci, je suis partie sur l’idée de la palissade derrière laquelle je ne savais pas trop  ce qui allait se cacher. Et puis, j’ai laissé aller mes doigts sur le clavier…

Est-ce que cela vous arrive à vous aussi d’écrire plusieurs débuts d’histoire avant de trouver celle qui vous convient ?

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La révélation — 6 —

Marché

Épisode précédent

Jules avait passé le reste du samedi après-midi à des travaux de menues réparations. L’entretien d’une maison laisse généralement peu de répit et l’homme,  piètre bricoleur, ne pouvait plus repousser l’échéance. Une météo peu clémente avait fini de le convaincre.

Le lendemain matin, la pluie avait cessé. Les nuages, balayés pendant la nuit, avaient fait place à un soleil radieux. Jules enfila une parka et sortit. Après cette semaine de grisaille, c’était l’occasion de s’aérer.  Un cabas à la main, il prit la direction du centre ville. La place du marché avait été investie par les petits producteurs locaux, dans une ambiance joyeuse et colorée qui attirait tous les dimanches matin les habitants de Saint-Sauveur. Un petit attroupement, devant le bistrot du père Lacroix, attira son attention. Les efforts déployés par Philippe Martin, accompagné d’un aréopage de gens « bien comme il faut », le firent sourire. Tout avait été savamment calculé : tenue sportswear et jovialité de circonstance. Il faut dire que le candidat avait déjà essuyé deux échecs aux élections municipales. Il serrait des mains avec un entrain qui faisait plaisir à voir. Mais Jules n’était pas dupe, il savait bien que tout cela n’était qu’un jeu d’acteur parfaitement huilé. Alors qu’il se dirigeait vers l’étal du fromager, il aperçut au détour d’une allée Charlotte de Frontignolles accompagnée de son époux. Curieux, il s’approcha.

— Ces poireaux sauvages sont un pur délice. Et ces carottes ! Il n’y a que chez vous que je trouve des légumes aussi goûteux, fit-elle à un petit maraîcher dont le stand ne payait pas de mine.

— Merci. Vos compliments me vont droit au cœur, madame le maire.

— Tsss, il n’y a pas de « madame le maire ». Aujourd’hui, je ne suis qu’une simple cliente qui fait son marché, comme tout le monde.

— Il y a un temps pour tout, renchérit Pierre Lacombe. La politique peut bien se passer de mon épouse pour une fois, ajouta-t-il avec un clin d’œil complice.

« Ces deux-là ne semblent pas être en campagne », se fit Jules Longuemart, étonné par cette découverte. Charlotte faisait tout simplement quelques emplettes, un caddie à roulettes à la main. Il lui trouva les traits tirés. Le personnage public au caractère autoritaire avait fait place à une femme ordinaire. Jules s’interrogeait, gagné peu à peu par l’incertitude. Pouvait-on se fier à l’image colportée par les medias et par la rumeur ? Et si elle était totalement injustifiée ? Cette femme était une véritable énigme. C’est alors qu’une autre question s’imposa à lui : que se passerait-il si le chemin des deux camps adverses venait à se croiser ? Il n’eut pas le loisir de connaitre la réponse, car il était temps pour lui de rentrer.

Pendant le trajet du retour, le doute se mua en culpabilité. En publiant son article, qui sait s’il ne l’avait pas jetée injustement en pâture. Punie pour rien, pour des broutilles. A présent, il craignait une réaction en chaîne. L’affaire, en lui échappant, risquait de prendre une tournure imprévue. Si madame de Frontignolles, il y a quelques années, n’avait jamais levé le petit doigt pour le château, peut-être avait-elle de bonnes raisons. Jules devait bien admettre que le budget de la municipalité avait jusque là été dépensé à bon escient. La machine était lancée et, s’il était trop tard pour l’arrêter, peut-être était-il encore temps d’en dévier le cours. L’intendant allongea le pas. Il allait devoir se remettre à ses recherches sans perdre de temps. Hors de question qu’il puisse nuire à quiconque. Finalement, la seule chose qui importait, c’était la vérité.

Le bistrot du père Lacroix ne désemplissait pas. Posté devant l’entrée du troquet, au milieu d’une foule d’admirateurs et de curieux, Philippe Martin brandissait un verre de rouge dont il semblait apprécier le contenu.

— Ce petit vin est tout bonnement divin, s’exclama-t-il après avoir émis un claquement de langue approbateur. Nos producteurs n’ont rien à envier aux grands domaines du bordelais !

Il enchaina en évoquant sa robe pourpre, sa rondeur en bouche, usant un peu à la légère d’un vocabulaire de connaisseur que nul n’osa contredire. Il termina sa longue tirade et reposa le verre encore à moitié plein sur l’une des tables métalliques installées sur la terrasse, chauffée pour l’occasion. Certes, s’il se faisait un devoir de montrer qu’il appréciait les produits locaux, il ne devait pas pour autant faire figure de poivrot. Et puis, l’âpreté de ce vin bio commençait sérieusement à agresser ses papilles. D’un sourire entendu, il fit comprendre à la petite assemblée qu’il ne fallait pas abuser des bonnes choses.

Au civil, Philippe Martin était architecte. A l’époque où il avait fondé son cabinet, il était seul. Quelques années plus tard, sa petite affaire avait pris un tel essor qu’il s’était adjoint deux associés. Aujourd’hui, il faisait partie des notables de la ville. On lui devait le nouveau théâtre, tout de métal et de verre dont l’architecture aérienne semblait échapper à la loi de l’attraction terrestre. C’était avant que madame de Frontignolles ne soit élue. Depuis qu’elle était en poste, la ville ne lui avait plus commandé le moindre projet. L’homme, sous des dehors affables, éprouvait à son égard une véritable rancœur.

— Monsieur Martin ! Vous savez, je vote toujours pour vous ! fit une vieille femme, en s’approchant.

— Merci infiniment, lui répondit-il distraitement.

Il venait d’apercevoir une connaissance. Il lui fit un signe de la main.

— J’ai toujours voté pour vous. Et mon mari aussi.

La dame âgée essayait d’attirer son attention, en vain. Agacé, Philippe Martin fit volte face, faisant mine de l’ignorer. Ces vieilles personnes qui n’arrêtaient pas de radoter avaient le chic pour l’exaspérer. Convaincu qu’elles faisaient de même avec n’importe quel candidat, il préféra renoncer à cette nouvelle épreuve, quitte à perdre une voix. A quoi bon perdre son temps ?

— Bonjour Philippe, content de te voir en pleine forme, malgré ce froid mordant.

Le docteur Lambert, médecin attitré de la famille, était aussi un ami de longue date.

— Froid ? Mais il fait un temps resplendissant ! répondit joyeusement le candidat à la mairie. D’ailleurs, je continue à faire mon jogging, tous les matins, même le dimanche. Et sans me doper, ajouta-t-il avec un clin d’œil.

Dans le monde de la politique, l‘important était de toujours faire bonne figure. Etre sportif était un gage de dynamisme qui inspirait confiance, quitte à tricher un peu. Il se trouve que Philippe Martin était un expert dans l’art de paraître.

Jules Longuemart venait juste d’arriver chez lui. Il en était encore à se demander comment il pourrait changer le cours des choses, lorsque la solution lui apparut, comme une évidence. Mais avant, il devait préparer le repas.

Épisode suivant

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Ceci est ma participation au défi  « Des mots, une histoire 126″

Des mots une histoire

lancé par Olivia Billington sur son blog.

Les mots imposés :

hésiter – incertitude – énigme – interroger
épreuve – sportif – doper – tricher – punir
injustifié – loi – attraction – terrien – aérien – météo

Consigne facultative : commencer le texte par « regardez-le »

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Photo Gertie_DU, avec l’aimable autorisation de son auteur

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La révélation — 3 —

Rue de nuit.

Épisode précédent

Le staff était au complet au 21 rue Dembourg, au moment où la Mercedez se gara sur la place de parking réservée. Le local se composait d’un rez-de-chaussée dont la vitrine, recouverte d’affiches, était surmontée d’une enseigne aux couleurs de l’Union des Indépendants de Saint-Sauveur. Au fond de la pièce, un escalier métallique en colimaçon menait au premier étage. Le long crissement de pneus  fit lever toutes les têtes. Une poignée de secondes plus tard, madame le maire faisait son entrée dans la salle de réunion. Suite à son coup de fil, toute l’équipe s’était rendue au siège du parti. Un silence religieux l’accueillit, puis tour à tour, chacun y alla de son encouragement ou de son indignation.

— C’est une honte ! Mais jusqu’où iront nos adversaires ?

— Je pense que c’est Martin qui tire les ficelles. Encore un de ses coups bas. Il cherche vraiment les emmerdements celui-là ! La dernière fois la mairie lui a échappé et maintenant il est prêt à tout pour l’avoir !

— Charlotte, je suis vraiment désolée de ce qui t’arrive. Mais comment est-ce possible ? Ce portrait…

— Ma pauvre bichette, si tu savais comme je suis…

Pierre Lacombe hésita une fraction de seconde puis stoppa net. Le froncement de sourcils que lui jeta Charlotte était suffisamment éloquent. Il savait pourtant qu’elle ne tolérait pas ces familiarités en public, et encore moins dans le cadre de ses fonctions. Il l’avait épousée deux ans après le décès de son époux. Madame de Frontignolles avait alors préféré garder son ancien patronyme. La vie publique a ses exigences, que Pierre avait très volontiers acceptées. Ancien patron d’une grosse entreprise d’emballages, il coulait à présent une retraite paisible entièrement dédiée à la carrière politique de son épouse. Une routine qu’il semblait apprécier malgré ce sentiment de vide qui l’accablait parfois.

— Merci à vous tous de votre soutien. Je compte sur vous pour m’aider à préparer la riposte sans perdre de temps. Cette photo est grotesque et même si la ressemblance est troublante, je vous assure que je n’ai rien à voir de près ou de loin avec le château. Je n’ai même pas d’origines nobles. Mon nom de jeune fille est Bonnetier et je suis issue d’une famille de commerçants.

La peine se lisait dans les regards figés par l’incompréhension. Le temps semblait ralenti, comme suspendu. Charlotte, quant à elle, était déjà à mille lieux. Elle qui avait fait des projets pour ce dimanche, espérant un peu d’intimité avec Pierre, voilà que tout tombait à l’eau. La morosité ambiante  commençait à devenir oppressante, aussi l’intervention de la secrétaire du parti fut accueillie avec soulagement. Elle s’empressa de briser le silence en faisant une proposition qui reçut l’adhésion de tous.

— Nous allons préparer un communiqué de presse. Mais il vaut mieux ne pas se précipiter, bien réfléchir et se montrer créatifs pour leur couper l’herbe sous le pied, le moment venu. Faire le premier pas et tenter de te justifier maintenant pourrait être interprété comme un aveu. L’effet serait désastreux. Non, il nous faut juste anticiper pour être prêts lorsque les hostilités seront lancées.

La réunion se poursuivit tardivement. Lorsque les membres du parti se séparèrent, la pluie commençait tout juste à tomber. Pierre Lacombe s’aperçut que Charlotte était en panne de parapluie. Galant homme, il l’escorta jusqu’à sa voiture.

Jules Longuemart trépignait. Ces serveurs vocaux l’exaspéraient : « Pour accéder aux services de recherche tapez 1 , pour le secrétariat tapez 2, pour accéder au recrutement tapez 3 , pour… ». L’intendant, excédé, coupa la communication et composa à nouveau le numéro du CNRS. Il tapa « 1 » et attendit patiemment l’énumération de toutes les spécialités puis, ne sachant que faire, appuya sur une touche au hasard. Prenant une grande inspiration, il décida de s’armer de patience et de rester courtois quoiqu’il arrive. Une voix féminine, celle d’une vraie personne, répondit enfin.

— Bonjour, Irène à votre service. Que puis-je pour vous ?

Jules tenta d’expliquer du mieux qu’il put sa requête. Dans ces moments-là, il ressentait toujours une véritable détresse, la crainte de ne pas être compris et d’être renvoyé dans les méandres du réseau téléphonique, zigzaguant à l’infini.  Il poussa un soupir de soulagement lorsqu’il réalisa que son interlocutrice connaissait le professeur Pignol. Hélas, celui-ci était en déplacement pour plusieurs jours.

— Le mieux est de lui envoyer un mail. Je vous laisse ses coordonnées. Vous avez de quoi noter ?

Jules Longuemart nota l’adresse mail et remercia chaleureusement son interlocutrice, un petit pincement au cœur. Les choses se précisaient. Il rédigea sans plus tarder un courriel, dans lequel il expliquait au professeur de quoi il retournait. Alors qu’il rédigeait son texte, il ne put réprimer un bâillement. Il se sentit plus léger  lorsqu’il cliqua sur « Envoyer », comme si le poids qui pesait jusque là sur ses épaules s’était miraculeusement envolé. Satisfait de cette journée bien remplie et pleine de promesses, l’intendant rangea le livre en lieu sûr, ferma les volets et rentra chez lui. Mort de fatigue après toutes ces émotions, il n’avait qu’une hâte, s’installer dans son vieux fauteuil et siroter un verre de ce whisky de dix ans d’âge ramené d’un récent voyage en Écosse.

Episode suivant

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Ceci est ma participation au défi
LES PLUMES à thème n°22  lancé par Asphodèle
sur le blog  Les lectures d’Asphodèle .Ecritoire

L’exercice consistait à rédiger un texte ayant pour thème l’ennui. Les mots suivants étaient imposés :

projet, dimanche, emmerdement,  penser, intimité, hésiter
oppresser, pluie, savoir, morosité, panne, créatif, silence
bâiller,  fatigue, mourir, soupir, ralenti, routine, figé, vide
et les 3 mots en  W X Z : whisky, xyste, zigzaguer

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Photo Pat Berardici, avec l’aimable autorisation de son auteur

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Les coulisses de l’histoire

Cette fois-ci encore j’avais rédigé mon texte avant de découvrir les mots. Et quelle découverte ! Je me suis bien demandée comment j’allais caser tout ça… Après coup, le texte a un peu moins de peps, mais les mots ont permis au personnage de Charlotte d’apparaître plus humaine et pas aussi froide qu’on aurait pu le croire. Finalement, cela m’a peut-être évité de tomber dans la caricature et ce n’est pas plus mal. En revanche, désolée pour la longueur, mais pas moyen de faire autrement. Pourtant, j’ai éliminé « xyste » qui n’avait pas sa place ici. J’aurais bien enlevé aussi « zigzaguer », qui sonne mal à mon oreille et « emmerdement », que je trouve trop long, mais j’ai tenu à respecter la règle du jeu.

La révélation

Apparition

Les portes du château se refermèrent lentement, dans un long grincement. Le solstice d’hiver marquait la fin des visites qui ne reprendraient qu’avec les beaux jours, au printemps prochain. Jules Longuemart poussa un soupir de satisfaction. Depuis près de vingt ans, il s’occupait de l’intendance du château. Planification des visites, organisation de spectacles dans les salles d’apparat ou dans les jardins à la française, tel était son quotidien. Le début de matinée était réservé à l’inspection des lieux. Il s’assurait que les lustres de cristal brillent de mille feux, que les hautes fenêtres, parées de voiles transparents diffusent leur lumière diaphane. Le moindre grain de poussière, invisible au regard peu averti, ne pouvait échapper à son œil acéré. D’un doigt implacable, il scrutait chaque boiserie, chaque bibelot, millimètre par millimètre.  A dix heures, les visites pouvaient alors commencer. L’homme s’enfermait dans son bureau, surveillant les allées et venues sur un mur d’écrans vidéo. Pour être honnête, depuis qu’il faisait ce travail, jamais le moindre incident ne s’était produit. Aucun vol, aucune dégradation. Pourtant, ce que Jules Longuemart appréciait plus que tout, c’était la période de l’année où les portes restaient fermées au public.  Le 22 décembre marquait le début de l’autre mission qui lui avait été confiée. Il s’attelait alors à une tâche passionnante : la reconstitution de l’arbre généalogique des propriétaires successifs de la demeure. Il était parvenu à remonter jusqu’à l’année 1521.

Le lendemain matin, c’est plein d’entrain qu’il franchit les grilles du domaine, malgré les premiers frimas de l’hiver. Le château, enveloppé d’un épais brouillard, lui apparut peu à peu, dans une austérité empreinte de mystère. Le pont levis, les tours crénelées aux étroites meurtrières, l’architecture dans son ensemble, tout évoquait cette époque de troubles qui avait succédé à la guerre de cent ans. Malgré la fine brume qui s’élevait du plan d’eau, on pouvait apercevoir quelques poissons rouges nageant au dessous d’une mince couche de glace. Le bassin était surplombé d’une antique statue de pierre, naïade aux courbes usées par les ans. Le givre parait sa nudité d’une dentelle ouvragée, seule fantaisie que pouvait se permettre la froide saison. L’homme allongea le pas. L’excitation qu’il éprouvait à l’idée de reprendre ses travaux là où il les avait laissés huit mois plus tôt était visible, presque palpable. Il traversa le hall aux grandes dalles de pierre blanche et, après avoir fait un détour par la bibliothèque, se rendit dans son bureau en se hâtant, un livre sous le bras. La température glaciale de ces grandes salles donnait à son bureau l’allure d’un havre de paix. Jules posa le livre à la couverture de cuir brun, jusque-là conservé à l’abri dans une vitrine, sur une grande table de bois ciré et l’ouvrit à la page 227,  à l’endroit précis où il avait dû s’arrêter au printemps dernier. Il chaussa ses lunettes et relut les dernières notes qu’il avait retranscrites dans son cahier à spirales.

Le vingt cinq avril de l’an mil cinq cent vingt et un, le baron de Saint Simon, un homme au physique ingrat et à la personnalité insignifiante, a épousé en secondes noces la dénommée Marie de Gastie, une jeune femme à l’innocence feinte. Quelques mois après les épousailles, l’époux mal aimé est tombé gravement malade. D’abord pris de vapeurs, il est mort peu de temps après dans d’atroces souffrances. Selon certaines sources, lors du banquet donné en l’honneur de son anniversaire, son verre de vin aurait été subtilisé pour réapparaître quelques instants plus tard, à l’emplacement réservé au verre à eau.

Jules Longuemart retrouva le post-it qu’il avait collé sur la page du cahier.

 Post it jaune

Alors qu’il s’asseyait pour continuer sa lecture, un rai de lumière vint taquiner ses pupilles, dilatées par la pénombre qui régnait dans la pièce. Le soleil hivernal, encore bas à l’horizon, n’en était pas moins éblouissant. La fenêtre offrait une vue imprenable sur le jardin aux tonalités argentées de ce mois de décembre, une vue dont il ne se lassait pas. Jules se leva pour aller tirer le rideau. Alors qu’il jetait un regard furtif en direction de la psyché installée dans un angle de la pièce, un détail insolite attira son regard. Une tache colorée était visible sur le livre. Pris d’un doute, l’homme se retourna vivement vers la table. Rien. C’était un livre ancien, certes, mais un livre tout simple, si ce n’était cette typographie si particulière utilisée au XVIème siècle. Un nouveau coup d’œil vers le miroir confirma ses craintes. La page avait-elle pu s’abîmer avec le temps ? Une forme colorée apparaissait puis disparaissait, au gré de son angle de vision. Jules Longuemart saisit l’ouvrage avec fébrilité et l’inclina progressivement. Peu à peu, un portrait de femme se dessina sous ses yeux médusés. L’image, dans un étrange effet de transparence, semblait se superposer au texte, telle l’apparition d’un fantôme sorti de nulle part. Le visage allongé au nez un peu long, la moue rieuse, les yeux bleu lagon, autant d’attributs qui ne lui étaient pas étrangers. L’intendant avait beau se désintéresser de la politique, il reconnut les traits de madame de Frontignolles, autrement dit madame le maire,  celle-là même qui n’avait jamais voulu verser le moindre centime pour la sauvegarde du château. Un heureux effet de lumière avait permis de mettre au jour ce visage qui aurait pu rester à jamais dans l’ombre.

Jules Longuemart se frotta les mains en songeant à la tête que ferait la vielle pie lorsque la vérité serait dévoilée. Pas plutôt dit, pas plutôt fait : l’intendant publia aussitôt un article détaillé sur le blog du château, dans lequel il évoquait les mœurs douteuses de cette femme soupçonnée d’avoir tué son époux. Une photo, prise à l’aide de son Smartphone, vint compléter l’anecdote. Il n’y avait plus qu’à attendre que les langues se délient, lorsque les lecteurs reconnaîtraient dans les traits de la baronne maudite une descendance qui s’était bien gardée  de divulguer ses origines. A l’heure où les affaires publiques faisaient les choux gras des journaux, la révélation ferait l’effet d’une petite bombe, du moins dans la région.

Épisode suivant

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LES PLUMES à thème n°21  lancé par AsphodèleLes plumes
sur le blog  Les lectures d’Asphodèle .

L’exercice consistait à rédiger un texte ayant pour thème la transparence. Les mots suivants étaient imposés :

Invisible, fantôme, innocence, introuvable, voile, dentelle,
brouillard, psyché, honnête, insignifiant, dessous, eau,
politique, nudité, diaphane, visible, cristal, blog, lumière
lagon, briller, vérité, fantaisie, traverser,  vagabonder, vapeur, vin

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Photo Gertie_DU, avec l’aimable autorisation de son auteur

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Les coulisses de l’histoire

Cette fois-ci, tout est parti de la photo. J’ai recherché dans les albums des photographes qui m’autorisent gentiment à piocher dans leur stock d’images ce qui pouvait se rapporter à la transparence. Cette image-là m’a tout de suite intriguée et j’ai eu envie de me laisser guider. Restait à placer les mots…

Les fourmis

écrivainJ’ai la ferme intention de lui dire la vérité. Sans me chercher d’excuses. Tous les ans, je rédige ma liste de bonnes résolutions. Et tous les ans, le morceau de papier finit à la corbeille. Cette fois-ci, je tiendrai bon. En tête de liste : prendre mon courage à deux mains et tout lui dire. C’est mon vœu le plus cher. Ma décision est prise car au train où vont les choses, je ne peux plus reculer.

La première fois que j’ai observé le phénomène, j’ai  cru à une erreur de calcul. Les longues heures d’intense concentration passées dans le laboratoire et le manque de sommeil avaient eu raison de ma vigilance. Une erreur dans le protocole de tests avait très certainement faussé le résultat. Lorsque, après quelques jours de repos, je me suis aperçu que je parvenais toujours aux mêmes conclusions, j’ai compris. J’ai su que la mutation avait commencé. J’ai beau me dire que Muriel ne m’a pas choisi pour ma plastique, j’ignore comment elle va réagir lorsqu’elle va être confrontée à cette terrible nouvelle. La transformation est à présent irrémédiable. Raser furtivement les murs ou essayer de me cacher sous un vulgaire déguisement serait peine perdue. Que faire ? Partir loin d’ici, émigrer à l’étranger, tenter de me fondre dans la populace tel un clandestin ? Tôt ou tard, je devrai tomber le masque. Perdu dans le cours de mes pensées, je viens de franchir le seuil de mon immeuble sans même réaliser que j’arrive chez moi. Engourdis par le froid, mes doigts peinent à pianoter sur le clavier pour entrer le code d’accès. Devant ma porte d’entrée, je suis confronté à une autre difficulté : impossible de faire tourner la clé. Je me résous à appuyer sur la sonnette.

— Ah, c’est toi ! Mais tu n’as pas ta clé ?

— Je ne la retrouve pas.

Un mensonge. J’ai fait le souhait de dire la vérité et voilà que j’égratigne déjà mes belles promesses. C’est à peine si j’ose soutenir son regard. Je me sens misérable.  Muriel m’aide à retirer mon pardessus, mais l’une des manches est coincée. Ma main droite reste fermement agrippée au tissu de laine. J’ai beau tenter de me maîtriser, c’est plus fort que moi

— Je crois que c’est la doublure. Elle s’est décousue.

Enfin, je parviens à ôter mon manteau. Je me dépêche de le ranger dans le placard. Les chaussures maintenant. Dénouer les lacets s’avère plus compliqué que prévu. Tiraillés dans tous les sens, ils s’emmêlent et forment un embrouillamini de nœuds bien serrés.

— Mais à quoi tu joues ? s’exclame Muriel, haussant un sourcil incrédule.

— A rien…

Deux mots, les seuls que je peux articuler, tant ma gorge est serrée. Je m’affale dans le vieux fauteuil au cuir râpé. Je suis tellement fatigué. Toutes ces années de recherche pour en arriver là, c’est pitoyable. Je tente de poursuivre, un sanglot dans la voix.

— Muriel, je suis fichu.

— Qu’est-ce…

— Ca a commencé. Mes doigts… Chaque jour, ils gagnent un peu plus en autonomie. Tu sais, un être vivant normalement constitué est un tout, un ensemble d’éléments indissociables qui œuvrent pour maintenir l’intégrité de ce tout.

— Sans doute, mais où veux-tu en venir ?

— Mes recherches  sur les fourmis, l’étude de leur comportement. Je t’en ai parlé… Le jour où l’une des fourmis est devenue un individu à part entière qui n’agissait que pour son propre compte et non pour celui de la collectivité, j’aurais dû tout arrêter.  J’aurais dû refuser de poursuivre les expérimentations. Maintenant, je vais le payer très cher.

— Je ne comprends pas… Chéri, tu me fais peur…

— Bientôt, je ne pourrai plus rien contrôler. Chacun de mes doigts voudra vivre sa propre vie. Peu à peu, chaque organe aura sa propre individualité. J’ignore ce qui va se passer, si je vais devenir un criminel ou si mon corps va finir par se disloquer, mais je sens que la situation m’échappe.

Muriel me regarde avec effarement.

— Tu dois m’aider.

— Mais comment ?

— Tu vas m’attacher solidement à cette chaise, avant qu’il ne soit trop tard, avant que je puisse te faire du mal.

Ma femme s’exécute en suivant mes instructions à la lettre. Ensuite, elle sort vite de l’appartement pour se mettre hors de ma portée et part téléphoner au numéro que je lui ai confié. Mais lorsque les services secrets débarqueront, il sera trop tard, je le crains. Tout se précipite au moment où l’index de ma main droite parvient à se détacher dans un long bruit de succion, un bruit insupportable. La douleur est fulgurante. Tel un énorme ver, le doigt se contorsionne et s’attaque à l’ascension de mon bras.  Une véritable terreur me gagne lorsqu’il atteint mon visage.

Je repose le stylo en soupirant. Aujourd’hui, je n’ai écrit que deux pages, mais l’histoire est posée. Mon roman est en bonne voie.

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Ceci est ma participation au défi  « Des mots, une histoire 123″
lancé par Olivia sur le blog  « Désirs d’histoires »des mots une histoire

Les mots imposés :

souhait – vœux – mutation – émigrer
desideratum – melting-pot – cours
plastique – fausser – furtivement – cacher – clandestin

Cette fois-ci, Olivia a ajouté une petite variante :  « L’autre consigne, qui elle est facultative, est de commencer votre texte par « J’ai la ferme intention de lui dire la vérité. Sans me chercher d’excuses. » Dans ce cas, vous pouvez vous limiter à dix mots imposés ».

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Photo Gertie_DU, avec l’aimable autorisation de son auteur

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Les coulisses de l’histoire

Cette semaine, j’ai trouvé l’exercice particulièrement difficile… D’ailleurs, j’ai éliminé d’emblée « melting-pot » qui ne collait pas du tout et « desideratum » qui alourdissait inutilement le texte (« souhait », « vœu » et « desideratum », ça fait un peu beaucoup non ? ). De plus, je trouve que mon texte est confus et manque de cohérence. Et pour la fin, j’ai usé d’une pirouette pour me tirer d’une situation qui devenait inconfortable. Bref, difficile, oui…

Tiens, je propose un défi dans le défi : qui serait tenté par la rédaction d’une autre fin ?

Juste après la phrase : « Une véritable terreur me gagne lorsqu’il atteint mon visage. »

La véritable histoire de la Joconde

JocondeAprès s’être cassé les dents sur l’identité du modèle le plus célèbre au monde, les historiens, las de toutes ces tergiversations,  finirent par se mettre d’accord. Il fut décidé que cette femme, d’origine florentine, était issue de la classe moyenne et  s’appelait  Lisa Gherardini. Or, il n’en est rien. Tout cela n’est que pure hypocrisie, mensonges éhontés d’une armée de piètres chercheurs en quête de mystère. Il est temps de lever le voile, sous lequel, vous le verrez, se dissimule une banale vérité.

Peu enclin au dur labeur auquel le destinait son père, Marco était un jeune vénitien insouciant. Le métier de boucher, transmis de père en fils, lui répugnait. L’odeur de viande sanguinolente lui tirait des grimaces et des haut-le-cœur qu’il était incapable de réprimer. Ce travail n’était pas fait pour lui. Le soir, lorsque la maisonnée était assoupie, il s’enfermait dans sa chambre et s’adonnait à sa passion. Il ouvrait la grande malle de voyage qui embaumait la poudre de riz et étalait sur le lit les trésors qu’elle celait : une farandole de tissus chatoyants, de brocarts pailletés d’or, de soies aux tons crème et caramel. Quelques plumes chamarrées venaient compléter ces précieuses étoffes, dont l’une, d’un jaune éclatant, viendrait agrémenter une tenue qu’il destinait à sa dulcinée pour la soirée exceptionnelle qui se préparait. Enfant, Marco adorait déjà se déguiser et se grimer.  Aujourd’hui, il confectionnait des costumes pour son propre usage et pour quelques uns de ses amis avec lesquels il jouait la comédie dans un vieux théâtre désaffecté. Isabella, sa fiancée, devait le rejoindre le soir même pour se rendre à la première et unique représentation de leur nouvelle pièce. La veille, elle était passée pour les derniers essayages : pour elle, une robe de princesse en taffetas aux nuances mordorées. Pour lui, un costume d’indien en peau de buffle, rebrodé de fils d’argent et un masque d’argile finement travaillé qui représentait un visage plus vrai que nature. Une perruque longue parachevait le déguisement. Marco était méconnaissable, derrière ce camouflage. Ils partirent, usant d’un habile stratagème en prétextant une sortie au bal, leurs costumes de scène cachés au fond d’une besace.

Le spectacle connut un véritable succès. La mort dans l’âme, le jeune homme ne pouvait s’autoriser à dévoiler son identité. Aussi, c’est masqué et vêtu de sa tenue d’indien qu’il posa avec ses compagnons pour le peintre qui allait immortaliser leur réussite, un jeune artiste prénommé Léonardo. Le tableau ne fut jamais livré et plus personne n’y pensa. Un jour pourtant, Léonardo retrouva la vieille croûte et fut aussitôt saisi par ce visage énigmatique à moitié effacé par l’usure du temps. Une fièvre incontrôlée le gagna au point qu’il n’eut de cesse de redonner vie au personnage de l’indien. Le visage fut reproduit à l’identique : fin, mais sans véritable grâce, le teint un peu jaunâtre. De longs cheveux bruns, un peu ternes et gras, encadraient ce qui avait été jadis un masque d’argile, un masque qui avait pris figure humaine grâce au talent de l’artiste. Il peignit ensuite un corps de femme, ajoutant ainsi au mystère qui se dégageait du tableau, mais ne toucha pas aux manches en peau de buffle, en guise de clin d’œil. Satisfait du résultat, il apposa sa signature : Leonardo da Vinci. Pour terminer, il se gratta la tête pour trouver un titre évocateur à ce tableau qui n’était en fin de compte qu’une de ses nombreuses facéties. « La Joconde ! » s’exclama–t-il joyeusement, en réalisant que cette moue lui rappelait un peu le sourire niais de l’épouse d’un marchand de soie croisé quelques jours auparavant.

Telle est la véritable histoire de la Joconde. Tout le reste n’est que pure fantaisie de la part d’historiens peu scrupuleux.

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Voici ma participation au défi
LES PLUMES à thème n°20   lancé par AsphodèleLes plumes
sur le blog  Les lectures d’Asphodèle .

L’exercice consistait à rédiger un texte ayant pour thème « le masque ». Les mots suivants étaient imposés :

Visage, camouflage, armée, plume, vénitien, jaune,
déguiser, bal, argile, mensonge, embaumer, comédie,
celer, mystère, pailleté, crème, farandole, grimace,
hypocrisie, dissimuler, unir, usure, unique

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Les coulisses de l’histoire

J’ai eu beaucoup de mal à placer ces mots. Ce n’est pas pour rien que j’ai écrit une histoire aussi tarabiscotée…  Les mots qui ont donné l’orientation à ce petit récit sont « vénitien » et « mystère », même si la Joconde était florentine… De là est venue l’idée que l’histoire de la Joconde que l’on connaît n’est pas la véritable histoire. Comme vous n’aurez pas manqué de le remarquer, je me suis permis quelques libertés  (j’entends déjà les commentaires: « es-tu sûre que les italiens utilisaient de la peau de buffle au XVIème siècle ? »). Une fois mon texte écrit, je me suis aperçue que « joconde » était aussi un nom masculin qui signifie « coureur de jupons ». Trop tard, car tout était déjà bouclé…

La véritable histoire du monde

Univers

— Papa, papa, raconte-nous la création du monde !

— Très bien. Il était une fois…

La petite phrase alluma aussitôt une étincelle dans leurs yeux pétillants. Les enfants s’étaient assis en demi-cercle, attendant la suite bouche bée. Rien qu’à voir leur expression béate, on les savait conquis d’avance. Mathieu avait un réel talent de conteur, une sorte de don qui dans sa famille se transmettait de génération en génération.

— …un peintre qui se faisait appeler « Le Créateur ». Sa peinture avait le pouvoir étrange de transformer le monde. Un véritable mystère aux yeux des scientifiques qui avaient tenté en vain de trouver une explication. Ses portraits étaient plus vrais que nature, plus expressifs que ne l’étaient les modèles eux-mêmes. Mais la véritable innovation dans la technique qu’il avait mise au point était ailleurs. Qu’il vienne à gommer une ride sur un front disgracieux, à ajouter quelques mèches de cheveux à un crâne dégarni, le changement se répercutait immédiatement sur le modèle. Finis les bourrelets des amateurs de bonne chère autrefois ventripotents. Les vieilles rombières, quant à elles, arboraient désormais un teint radieux d’une fraîcheur incomparable. Il fut bientôt célèbre dans tout le pays. Une véritable frénésie s’était emparée de la population. Tous se l’arrachaient, chacun voulant être encore plus jeune, encore plus beau. L’artiste ne savait plus où donner de la tête, tant les commandes affluaient. A présent, même le petit peuple voulait sa part du gâteau.

— Mais il est où Dieu dans tout ça ? s’écria un blondinet.

— Ça va venir. Écoute la suite. Donc, le peintre avait beau essayer de refuser des commandes, il lui était impossible de résister car il faisait beaucoup de mécontents. Pour pouvoir satisfaire tout le monde, il se mit à peindre de plus en plus vite au point que les habitants du pays se ressemblaient de plus en plus. Puis, il améliora encore sa technique. Sur une immense toile, il dessina une multitude de points qui représentaient l’humanité entière. Désormais, tous les êtres humains étaient comme des poupées de cire, lisses et inexpressifs. Tous identiques.

— Mais… et Dieu… ?

— Dieu ? Et bien, quand il a vu ce que l’humanité était devenue, il a traversé les turbulences et s’est frayé un chemin jusqu’à l’atelier du peintre. Il lui a demandé de lui prêter son pinceau.

— Ah bon ?

— Oui, parfaitement. D’ailleurs, le peintre a poussé un soupir de soulagement car il se doutait que l’heure de la délivrance avait sonné pour lui, l’heure de prendre la tangente. Alors Dieu a badigeonné le grand tableau avec de la peinture noire et a dit : « Voilà, on efface tout et on recommence. Et cette fois-ci, on va s’efforcer de mieux faire ».

— Et alors ?

— Alors, l’univers entier a disparu, y compris Dieu, car lui aussi figurait sur le grand tableau. Ensuite, il s’est passé quelque chose d’unique. Il y a eu un grand Boum. C’est ce qu’on a appelé le Big Bang.

— C’est quoi le Big Bang ?

— C’est le début de la véritable histoire du monde. Je vous en parlerai une autre fois… Il est temps d’aller dormir maintenant !

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Voici ma participation au défi
LES PLUMES à thème n°19   lancé par AsphodèleLes plumes
sur le blog  Les lectures d’Asphodèle .

L’exercice consistait à rédiger un texte ayant pour thème la création. Les mots suivants étaient imposés :

Artiste, univers, expression, mystère,
délivrance, peinture, invention, monde,
résistance, don, innovation, agité, créateur,
unique, traverser, turbulence, tangente.

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Les coulisses de l’histoire

Pour marquer le passage à la nouvelle année, j’ai eu envie d’écrire un texte sous forme de conte. Vous l’avez échappé belle car j’ai eu la tentation de raconter le récit de Mathieu sous forme de bribes, entrecoupées de descriptions. Ainsi, j’aurais pu caser très vite les mots, sans que le texte ait le moindre sens, vu qu’il n’y aurait que des petits bouts de phrases  🙂  Mais bon, c’était un peu trop facile. Un jour peut-être, si l’inspiration n’est pas au rendez-vous…

Autre chose : je n’ai pas réussi à placer « résistance » que j’ai remplacé par « résister ».

God Save The Queen

WindsorLa bijouterie Diaphane avait abrité plusieurs générations de bijoutiers. Située au rez-de-chaussée d’un immeuble cossu du XVIème arrondissement, elle avait pignon sur rue dans ce quartier bourgeois où les boutiques de luxe côtoyaient les galeries d’art huppées. Parmi les bijoux les plus prestigieux figurait une couronne destinée à la reine d’Angleterre, dont la pièce maîtresse était un diamant bleu d’une exquise pureté. Une véritable œuvre d’art. Sa beauté dépassait de loin toutes les merveilles qui jusque là était passées entre les mains expertes de Georges Diaphane. A ce jour, personne n’avait idée de l’apparence du précieux bijou, gardé dans un coffre à l’abri des regards, pas même sa future propriétaire. Prévoyante, Élisabeth avait toutefois exigé d’en connaître la couleur dominante. Sa tenue, à l’occasion de la passation de pouvoir,  serait donc d’un bleu irisé aussi limpide que le ciel aux premiers jours du printemps. L’époque des sempiternelles robes jaune poussin, vert pomme ou rose bonbon était définitivement révolu. La dernière apparition de la reine mère devait marquer les esprits. Elle devait faire bonne impression, surtout auprès de son successeur dont le nom était gardé secret. Ensuite, elle redeviendrait juste une mère et une grand-mère, comme n’importe quelle autre mère ou grand-mère. Si cela lui chantait, elle pourrait même porter une blouse à carreaux et manier le plumeau, sans se demander à tout bout de champ si le protocole était bien respecté. Une liberté à laquelle elle n’avait jamais encore goûté.

Pendant les réceptions, elle devait toujours faire preuve d’une grande dignité. Mais il est clair que la mine réjouie qu’elle arborait à l’occasion de ces prestigieuses manifestations n’était qu’une amabilité de façade. En prévision d’une retraite bien méritée, elle avait fait aménager dans une aile du château de Windsor un atelier dans lequel elle aurait tout loisir de pratiquer toutes les activités manuelles qui jusque là auraient fait jaser. Macramé, poterie, fabrication de scoubidous. Elle avait tellement hâte.

Quelques jours avant la cérémonie, un événement inattendu vint saborder ces projets pourtant réglés comme du papier millimétré. Une bande organisée, connue sous le nom des « potes à Jojo » déroba la couronne. On retrouva leur signature : le long tunnel qu’ils avaient creusé. Il passait sous le grand hôtel, longeait le métro sur 200 mètres, puis continuait sous la Seine pour rejoindre les égouts du côté du faubourg Saint Germain. Pas moins de 2 kilomètres de galeries souterraines ! Du travail de pro.

Outre Manche, tout fut mis en œuvre pour ne pas ébruiter la triste affaire ; le gang put donc profiter de son larcin sans risquer d’être inquiété. Personne n’eut vent des projets de passation de pouvoir. Le secret, bien gardé, ne passa pas les murs du bureau de la souveraine. Élisabeth tira un trait sur cette histoire et renonça à ses rêves. Pourtant, la nuit, quand le château est plongé dans le noir, il lui arrive de se rendre sur la pointe des pieds à l’extrémité de l’aile nord et d’entrouvrir une mystérieuse porte. Là, elle peut s’imprégner de l’ambiance de cet atelier dans lequel elle avait espéré finir ses vieux jours.

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Ceci est ma participation au défi  « Des mots, une histoire 119″
lancé par Olivia sur le blog  « Désirs d’histoires »des mots une histoire

Les mots imposés :

pureté – limpide – clair – diaphane
couronne – diamant – mine
galerie – art – atelier – manuel

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Photo Gerti_DU avec l’aimable autorisation de son auteur

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Les coulisses de l’histoire

Je voulais raconter l’histoire d’un holdup (au début, c’était même le titre de mon histoire), et puis j’ai bifurqué. L’histoire a pris une tout autre tournure, avec l’invention d’une supposée passation de pouvoir d’Élisabeth d’Angleterre. Mais qui donc aurait été sacré roi ? Le mystère reste entier et le secret jalousement gardé…

Au temps jadis

lampeJ’entends marcher dehors. Tout est clos. Il est tard. Ma lampe seule veille. Une vieille lampe à pétrole qui jusque là trônait sur le buffet de la salle à manger parmi d’autres bibelots. Quand la tornade a tout dévasté et que l’électricité a été coupée, j’ai bien apprécié de l’avoir gardée pendant tout ce temps. Dehors, tout est chaos et désolation. Chacun se terre chez soi, avec le secret espoir qu’après une bonne nuit de sommeil toute cette histoire n’aura été qu’un cauchemar. Demain, tout sera rentré dans l’ordre. Moi aussi je me suis laissé aller à espérer. Tous les soirs. Et tous les matins, je découvre que rien n’a changé. J’entrouvre les volets et je passe la tête furtivement, juste le temps de réaliser qu’il fait toujours nuit noire, ou presque. L’air est chargé de particules de poussière, une poussière épaisse qui empêche les rayons du soleil d’atteindre le sol. Depuis plus de quinze jours, c’est comme si nous subissions les effets d’une éclipse permanente. En bas, dans le jardin, tout est gris. Impossible de distinguer le vert tendre du gazon. Quoiqu’il en soit, personne ne se risque à aller dehors. L’air est devenu irrespirable. D’ailleurs, je doute qu’une tornade ait pu provoquer un tel désastre, même si ce sont les derniers mots que j’ai entendus à la radio, quand elle émettait encore. A présent, elle s’est définitivement tue, après les dernières recommandations à la population : « Restez chez vous. Calfeutrez portes et fenêtres et attendez que l’on vienne vous secourir ». Tu parles, je n’ai pas vu âme qui vive, pas le moindre animal, même pas un insecte. Pourtant, je jurerais entendre des pas à l’extérieur.

N’y tenant plus, je monte à l’étage et ouvre le volet de la chambre, juste ce qu’il faut. Des ombres semblent flotter dans la rue, mais dans cette purée de pois je ne distingue rien. Je suis trop loin. Tant pis, au point où j’en suis, je dois m’armer de courage. Je redescends les escaliers en trombe et m’approche de la porte d’entrée. Avec mille précautions, je l’entrouvre. Le moindre bruit pourrait les alerter. Mais qui sont-ils ? Un groupe d’hommes vêtus de combinaisons noires, cagoulés, déposent un paquet devant chaque maison. Il est impossible de distinguer leur visage, caché par une sorte de masque à gaz. En baissant les yeux, j’aperçois un carton à mes pieds. Les hommes en noir sont déjà loin. Je saisis le paquet et referme vite la porte. L’air vicié brûle mes poumons et je tousse violemment pour essayer de l’expulser. Le carton. Mes mains arrachent le ruban adhésif avec frénésie. C’est de la nourriture. Je ne comprends pas. S’il y a de la nourriture ailleurs, pourquoi nous laisse-t-on ici ? Pourquoi nous maintenir en vie plutôt que nous sortir de ce guêpier ? Les idées se bousculent dans ma tête quand, soudain, un son strident me vrille les tympans. Trois coups brefs.

— Franchement, pourquoi vous vous acharnez avec cette machine ?

La jeune femme me regarde avec dédain, tout en soulevant le casque qui recouvre ma tête. Je m’assoie, un peu hébété.

— L’heure est écoulée. Alors, pourquoi vous obstinez-vous à vouloir démarrer la séance au début du XXème siècle ? Visiblement, ce n’est pas ce qui vous convient, puisqu’à chaque fois, vous vous arrangez pour vous retrouver dans le futur.

C’est un comble ! Je paie pour utiliser la machine à idées et voilà que je me fais engueuler par cette pimbêche. Pourtant le prospectus annonçait des résultats époustouflants. La machine à idées avait été inventée par Imagina Corp pour les écrivains en panne d’inspiration. Ce n’est pas ma faute si je ne parviens pas à entrer dans une scène historique, si je détourne le scenario pour revenir systématiquement dans le présent ou le futur proche.

— La prochaine fois, on oublie la lampe à pétrole. Essayez de me dégoter dans votre base de données une scène qui se passe à l’extérieur. Tiens, pourquoi pas à Chicago, à l’époque de la prohibition ?

— Très bien, c’est comme vous voulez. C’est vous le client.

Je n’ai pas plutôt le dos tourné qu’elle chuchote avec sa collègue.

— De toute façon, quand on est un écrivain raté, on le reste.

J’ai très bien entendu, mais je préfère me taire. Je lui prouverai qu’elle se trompe.

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J’ai rédigé ce texte dans le cadre du défi 273 proposé par le site « Le défi du samedi« , dont voici le thème :

« J’entends marcher dehors. Tout est clos. Il est tard.

Ma lampe seule veille…. »

-extrait d’un poème de Marc Alyn-

Magritte 1

A vous d’imaginer la situation !

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Photo |JL|  avec l’aimable autorisation de son auteur

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Première fois

Fleur de lotusUne épaisse couche de brume mêlée de poussière plane au dessus de la ville. Tel un spectre malfaisant étendant ses ailes pour emprisonner sa proie, elle est descendue un jour, a envahi d’abord les grandes artères, puis  s’est insinuée dans les moindres recoins.  Vue du ciel, la capitale japonaise semble disparaître sous un voile grisâtre, un voile sale et malodorant.

Il y a déjà longtemps que la population de Tokyo s’est réfugiée dans les égouts de la ville. En surface, l’air est devenu irrespirable. Pourtant, quelques âmes continuent à errer dans les rues bordées d’immeubles en ruines. Souvent, à la tombée de la nuit, on les entend crier de désespoir. Chez les gens d’en bas, une rumeur circule. Ils disent que l’acidité de l’air a attaqué leur cerveau et qu’ils sont devenus fous.

— Laissez-moi entrer ! s’exclame un vieil homme qui essaie de soulever une bouche d’égout. Laissez-moi descendre ! Je veux parler au grand Ordinal ! Je dois lui parler !

La plaque en fonte est scellée. Le vieil homme s’éloigne, les épaules rentrées, la tête basse. Pourquoi le monde tourne-t-il à l’envers, s’interroge-t-il ? Autrefois, les égouts étaient réservés aux rats, aujourd’hui ils sont l’apanage de quelques privilégiés. Pendant que ceux du dessus tentent de survivre, ceux du dessous reproduisent toujours le même schéma, celui d’avant le cataclysme.

— Grand-père, ne reste pas là. Viens !

Une jeune fille s’est approchée du vieil homme. Malgré son jeune âge, elle parait déterminée.

— Qui es-tu ?

— Je m’appelle Haïku. J’habite tout en haut, là où l’air est pur et lumineux, fait-elle en pointant le doigt en direction du ciel pourtant si sombre. Là haut, tout est comme avant. Le jour, les rayons du soleil se font caressants. Quant à la nuit, elle scintille de mille feux.

Elle prend sa main et l’entraîne vers un immeuble ancien dont l’imposante entrée est surmontée d’une inscription gravée dans la pierre. On dirait une date, probablement sa date de construction : 2024. Déjà un demi-siècle. Au bout d’un hall immense, s’élève un cylindre de plexiglas. L’adolescente pianote sur un clavier. Le vieil homme la regarde, médusé. Ce qui l’intrigue le plus, c’est la fleur de lotus dont elle a orné ses longs cheveux noirs. La jeune fille lui sourit.

— Tu verras, là haut, il y a un jardin comme autrefois, un jardin dans le plus pur esprit zen où poussent des fleurs magnifiques.

Sa voix est douce. Rassurante. Elle semble ne pas voir à quel point il est crasseux et ne parait pas incommodée par son odeur repoussante. Ce doit être un ange. Les portes de la capsule s’ouvrent dans un léger chuintement. Tous deux prennent place sur une banquette. L’ascenseur s’ébranle et commence à monter, lentement. Le vieil homme se tortille sur le siège pour changer de position. L’altitude lui donne un peu le vertige.

— C’est long, fait-il.

Il est frêle. Tellement fatigué.

— Non, c’est très court au contraire. D’ailleurs, nous voilà au terme de notre voyage, ajoute la jeune fille. Nous sommes arrivés.

Deux hommes d’une vingtaine d’années les accueillent. Eux aussi sont souriants et semblent bien portants. Tous trois escortent le grand-père le long d’un couloir.

— Tu vas te reposer un peu. Ensuite, je t’emmènerai visiter le jardin.

Haïku ouvre une porte. C’est une chambre toute simple, avec juste un lit et une table de chevet. Il y a tellement longtemps que le vieil homme n’a pas dormi dans un lit. Ses yeux sont embués. Trop d’émotions le submergent. La porte se referme tout doucement, dans un silence apaisant.

— Alors, qu’est-ce que tu nous as ramené ?

Haïku vient de rejoindre un groupe de jeunes gens et de jeunes filles assis autour d’une grande table.

— De la bonne nourriture bien grasse j’espère, ajoute une fille aux traits angéliques.

Haïku sourit timidement. L’un des deux jeunes hommes qui l’accompagnent vient à sa rescousse.

— Elle fera mieux la prochaine fois. C’est vrai qu’il est vieux et un peu maigrichon, mais il fera bien l’affaire. Elle s’est très bien débrouillée pour une première fois !

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Ceci est ma participation au défi  « Des mots, une histoire 118″
lancé par Olivia sur le blog  « Désirs d’histoires »des mots une histoire

Les mots imposés :

esprit – spectre – terme – date
ordinal – position – lotus – zen
japonais – haïku – court – long

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Les coulisses de l’histoire

L’histoire se passe au Japon parce qu’il me fallait placer au plus vite « japonais ». L’idée d’un futur sombre et chaotique m’est venue immédiatement avec le spectre. Avec l’apparition de la jeune fille, j’avais imaginé un peu de douceur pour le vieil homme, mais au moment où ils attendaient l’ascenseur, l’image de « Soleil Vert » s’est soudain imposée à moi, d’où mon revirement et mon choix pour une fin plutôt noire.