Virée au Salon de l’Auto

Le chienVoici ma participation au défi  « Des mots, une histoire 92″
lancé par Olivia sur le blog  « Désirs d’histoires »

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Les mots imposés :

pendant   oreille  congé
salon  baisser  coupé   des mots une histoire
presbytère  compléter  goélette
fleur  précisément   implorer
manche  sourd   individu
patrouiller  comme   devenir

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Lire l’épisode précédent

Le deuxième sujet semblait se déplacer à une vitesse folle. Sur l’écran, le point lumineux s’approchait de la Porte de Versailles, où le Salon de l’Auto venait d’ouvrir ses portes. Aucun moyen de locomotion motorisé n’était détecté. Était-il possible que l’on ait affaire à un marathonien hyper entraîné ou à un jeune kényan rompu à la course à pied à travers la brousse ? Depuis le temps qu’il courait, il aurait dû être complètement épuisé. Pourtant l’individu, toujours non identifié, continuait à ce rythme effréné comme si de rien n’était. Pendant ce temps, le flux ininterrompu de données venait compléter celles déjà récoltées. Elles s’organisaient selon deux axes : les odeurs et les sons. Mathilde implora son coéquipier :

— Allez, on écoute quelques échantillons ?

Pierre, ne lui prêtant pas attention, faisait la sourde oreille. Il fallut que sa collègue le tire par la manche pour qu’il daigne réagir. Un sourire malicieux aux lèvres, il se retourna.

— Tu l’auras voulu…

Une symphonie de klaxons et de rugissement de moteurs leur vrillèrent les tympans.

— S’il te plait, baisse un peu le volume, mais ne le coupe pas complètement. Il se pourrait que les bruits environnants nous fournissent des éléments intéressants.

Mathilde ne croyait pas si bien dire. C’est précisément à ce moment-là que les choses se précipitèrent. Visiblement, le sujet se trouvait en difficulté. On pouvait entendre très distinctement des éclats de voix, probablement des quidams qui le prenaient à partie, car il émit un vif couinement, aussitôt recouvert par le bruit de la circulation. Le point lumineux accéléra encore sa course en direction du parc des expositions, comme s’il cherchait à fuir. Quand enfin il ralentit son allure, quelques images très floues leur parvinrent.

— Ça alors ! Le processus est beaucoup plus rapide avec ce cobaye ! C’est à peine croyable.

Le sujet venait de pénétrer dans un hall immense. Il devait faire profil bas et probablement se baisser pour ne pas se faire remarquer car à l’écran l’image apparaissait en contre plongée. Son comportement, pour le moins insolite, laissa les deux compères d’autant plus perplexes qu’il venait de bondir à l’intérieur d’un splendide coupé sport sans même prendre la peine d’ouvrir la portière.

— C’est la même voiture que celle de Patrick ! Une Goélette je crois…

— Tu me fais une drôle de Goélette, pouffa Pierre. C’est une Corvette ! Ah, ces filles…

Leurs chamailleries cessèrent net lorsque apparurent sur le volant non pas les mains manucurées d’un homme élégant ou celles gantées de cuir d’un pilote de rallye, mais deux petites pattes nerveuses et néanmoins velues. Le reflet monochrome d’un museau se dessina progressivement sur le rétroviseur.

— Hou, ce chauffeur est sacrément racé. Il a du chien, tu ne trouves pas ?

—  Mais oui, c’est un chien ! Dire qu’il s’est posé là, comme une fleur, sur le siège conducteur d’une voiture de luxe, en plein salon de l’auto !

Pierre et Mathilde furent pris d’un irrépressible fou rire. L’intrus avait enfin été démasqué. Quelques minutes durant, ils en oublièrent leur mission. La crise passée, il fut décidé d’envoyer un collaborateur patrouiller Porte de Versailles afin de récupérer l’animal, car il devenait urgent d’intervenir. Il serait plus facile de poursuivre les tests en gardant un œil sur lui.

— Quel est le mot de passe pour joindre Xavier ?

— « Presbytère ». Demande-lui de ramener le clebs ici le plus vite possible. Ne perds pas de temps, je crois qu’il est en congés ce soir.

Pendant ce temps, l’autre point lumineux se dirigeait lentement mais sûrement vers le quartier chinois.

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Photo Gertie_DU avec l’aimable autorisation de son auteur

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Les coulisses de l’histoire

Parler du chien devenait inévitable à ce stade de l’histoire. Je n’ai écrit cette partie qu’après avoir pris connaissance des mots. Ce sont eux qui m’ont guidée.  Ils ne m’ont pas posé de difficulté particulière, hormis  « presbytère » pour lequel j’ai dû user d’un petit stratagème.  Allez savoir pourquoi, « Goélette » m’a fait penser à « Corvette », peut-être à cause de la rime. Le salon de l’auto s’est donc naturellement imposé.

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20 réflexions sur “Virée au Salon de l’Auto

  1. Voilà pour une fois une histoire qui finit sans effusion de sang lol!!! Ah une Goëlette à la place d’une Corvette mdr!!! Bien placé le mot de passe lol!!!
    En tous cas bravo pour cette histoire sympathique, bé oui ça arrive dans la vie d’un flic!!!
    Bisous et bon week-end!!!
    Domi.

  2. Quelle histoire 😆
    Moi je connaissais le chien dans la vitrine, mais pas le chien au salon dans l’auto !
    Et le 2e truc, alors, c’est pour la prochaine édition ?
    Toi aussi tu as l’imagination qui pétille, MCL 😆
    Bon we & bisous d’O.

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