Vent de folie dans la ZAC – Episode 2 /3

UsineJ’ai écrit cette nouvelle dans le cadre du concours « Achève moi 2012 » organisé par le Service Culture de la Province de Liège. Il convenait de démarrer le récit avec l’un des six débuts de textes proposés.

C’est le texte écrit par Jean-Claude Bologne que j’ai retenu, texte dont vous trouverez l’intégralité dans le premier épisode.

Deuxième épisode

Lire le 1er épisode

Chaque membre du personnel s’était mis en tête d’épier les moindres faits et gestes de Paul Rouvière et la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre. Les pétarades montant bruyamment du sous-sol les laissaient perplexes. Si ce n’était l’absence d’effluves produites par les gaz d’échappement, quiconque passait à proximité du réduit aurait juré qu’il s’agissait d’une vraie moto tant le bruit était assourdissant.

Après une période de franche rigolade au sein du personnel tant la situation était cocasse, l’affaire prenait une tournure inquiétante. Au service production, les employés quittaient un à un leur poste. De petits groupes commençaient à se former. Et si le patron n’était plus capable de gérer son entreprise ? Les derniers résultats n’étaient peut-être que de la poudre aux yeux, qui sait si les chiffres n’avaient pas été falsifiés. Lorsque le rejeton avait repris les rênes à la suite de Rouvière père, la méfiance s’était installée. Encore un fils à papa, sans grande expérience, qui héritait de l’entreprise créée par son géniteur. Pourtant, peu à peu, le nouveau PDG avait su gagner leur confiance, tant par son dynamisme que par des choix judicieux qui avaient permis une rapide croissance de l’entreprise.

Le ton montait. Soudain, une voix s’éleva au milieu du brouhaha :

— Il faut faire quelque chose. Nous devons aller voir le responsable des ressources humaines avant que la situation ne dégénère. Quelqu’un doit parler au patron !

— Oui, allons voir Grignon, acquiescèrent de concert les salariés !

Le dénommé Grignon était un petit homme rondouillard, qui donnait toujours l’impression d’être fort occupé. Pour l’heure, la porte de son bureau était fermée et il était tout à son occupation favorite, les mots fléchés du magazine TV qu’il venait de se procurer auprès du buraliste. Des éclats de voix le sortirent de sa rêverie. Il reprit instantanément la contenance que l’on attend d’un DRH et jeta le magazine dans le tiroir de son bureau.

Il refermait le tiroir d’un claquement sec lorsque la porte s’ouvrit, sans qu’il ait entendu frapper le moindre coup. Une bousculade s’ensuivit et un groupe de salariés s’engouffra dans le bureau. Grignon, voyant la tournure que prenaient les événements, les stoppa net.

— S’il vous plaît, ne parlez pas tous en même temps ! J’attends que l’un d’entre vous m’explique ce qui se passe.

L’air songeur du DRH laissait à penser qu’il s’efforçait désespérément de comprendre ce que recélait toute cette agitation. En réalité, ce qui lui vint à l’esprit à ce moment-là, telle une évidence, fut « JALONNER ». Il butait quelques instants plus tôt sur la définition « baliser en 8 lettres », et voilà que la solution lui venait là, au moment le plus inapproprié.

En somme, on lui demandait à lui, le pauvre Grignon, de demander des comptes à sa hiérarchie, qui plus est au PDG ! La situation était extrêmement embarrassante. Qu’à cela ne tienne ! Il allait confier cette lourde tâche, autrement dit « la patate chaude » au directeur général. Après tout, il fallait bien qu’il justifie son confortable salaire. C’était à lui de parler au patron ! Ni une ni deux, il prit son téléphone et composa le numéro.

 

24 heures plus tôt, à plusieurs milliers de kilomètres de là, quelque part à Shanghai…

— 這就是碳等菲尼倒西雅圖光榮

— 花蓮邊週一雪兒卓悅道別法國比利時意大利廣

—苯教德棉前衛馬槽渡渡鳥道別圖盧茲的里昂馬賽阿爾卑斯法國比洲美國巴黎廣利時碳等菲教德道別法道

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Pour une meilleure compréhension, nous allons traduire la conversation qui eut lieu.

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 — Alors, où en est-on avec Rome ?

— C’est en bonne voie, honorable chef. Nous avons bien avancé avec l’ITAC.

— Et Rouvière ? Je croyais que ce devait être l’affaire de quelques jours ? Nous n’avons pas de temps à perdre, vous devez passer à la vitesse supérieure avec la Jialing Rocane 600 cm3.  Ah ces français !

Chang acquiesça humblement d’un hochement de tête. Quelques courbettes plus tard, il s’éclipsa et rejoignit son bureau. Il déverrouilla son ordinateur, sélectionna le mail adéquat et cliqua sur « Envoyer » avec la satisfaction du devoir accompli.

Lire la suite

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Photo FredArt, avec l’aimable autorisation de son auteur

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