Haute technologie

naniteVoici ma participation au défi  « Des mots, une histoire 85″ lancé par Olivia sur le blog « Désirs d’histoires« .

Les mots imposés :des mots une histoire

rentrer – racornir – grosse – prélude – vertueux – hasard – dire – peur
tout – ferronnerie – téléphone – tilleul – abîme – fils (fille) – héros

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Lire l’épisode précédent

Sœur Mathilda avait rejoint le monastère de la Visitation il y a maintenant sept mois. Elle était parfaitement intégrée à la communauté et aucune religieuse n’aurait pu se douter des véritables intentions de cette très vertueuse adepte. La couverture était parfaite. Cette mission, la plus longue qu’elle ait eu à accomplir, avait nécessité un véritable travail de fourmi. Personne n’irait imaginer ce qui se tramait entre ces murs, ni que Pierre, qui fournissait les religieuses en pseudo essences rares, n’était autre que son comparse.  Ses talents de chimiste l’avaient incité à choisir le pseudonyme de Pollonia, en souvenir du polonium, le premier élément chimique découvert par Marie Curie dans le cadre de ses recherches sur la radioactivité. En consommant leur infusion quotidienne de tilleul, les moniales, à leur insu, avaient fait office de cobayes. Cette expérimentation n’était qu’un prélude à un test de plus grande envergure. Le temps de passer à la vitesse supérieure était arrivé. Mathilda allait pouvoir fuir l’espace confiné du monastère au sein duquel sa bonne humeur commençait à se racornir. Le hasard avait enfin permis de mettre la main sur le sujet idéal.

Voici ce qui se passa, lorsque celui-ci céda enfin à sa curiosité. La puce intégrée au flacon envoya une alerte sur le téléphone portable de Mathilda. Elle sut dans la seconde qu’il avait ingéré une grosse quantité du précieux breuvage. A partir de cet instant, des centaines de nanites se répandirent dans tout son corps. La principale caractéristique de ces nano robots, une véritable révolution en la matière, est leur capacité à se spécialiser. Ils sont programmés pour se fixer sur certains organes, avec lesquels ils entrent en symbiose. La phase d’apprentissage est particulièrement intense et peut provoquer, à chaque nouvelle étape d’adaptation, de violents maux de tête et même de brefs épisodes hallucinatoires. Ces désagréments sont minimes, quand on sait que l’assimilation de ces minuscules corps étrangers se fait désormais sans risque de rejet.

Mathilda éteignit son ordinateur portable. Elle ôta sa longue robe noire et ce voile qu’elle portait quotidiennement depuis trop longtemps.  Elle alla se coucher, un sourire satisfait aux lèvres. Dès demain, elle pourrait quitter définitivement ce lieu pesant et reprendre une vie normale.

Il faut croire que la visite de la tour Eiffel se méritait tant la file d’attente des touristes s’étirait interminablement. Depuis  une heure, je faisais le pied de grue dans un froid hivernal, le col de ma parka remonté et les mains enfoncées dans mes poches, à la recherche d’un soupçon de chaleur. Vu de l’extérieur, la scène de ces quidams agglutinés les uns aux autres, la goutte au nez et les oreilles rouges, devait être cocasse. Dire que j’aurais pu arriver plus tôt,  sans cet atroce mal de tête qui  m’avait cloué au lit plus longtemps que prévu ! Après cette nuit agitée et peu réparatrice, je n’avais pas le courage de monter les 704 marches qui menaient au 2ème étage. En rentrant dans l’ascenseur, je sentis mes muscles se relâcher et commençai enfin à me détendre. La montée était grisante. Je pus admirer tout à loisir les imposantes ferronneries de la majestueuse dame de fer et découvrir Paris sous un angle inattendu. Sans dire d’être un héros, j’étais le fils d’un ancien moniteur d’escalade qui m’avait entraîné à cette discipline depuis mon plus jeune âge.  Jusque là, je n’avais jamais été confronté à la peur du vide et fus surpris de ressentir un léger malaise lorsque mon regard se porta sur les minuscules points noirs qui déambulaient sur le Champ de Mars. A présent, ils tournoyaient en formant une spirale. Je me sentais irrésistiblement attiré vers le bas comme dans un abîme sans fond.

– Allo, Pierre ? Les capteurs indiquent que le sujet se trouve en haut de la Tour Eiffel. On aurait dû se montrer plus prudents.

– On a la visu ?

– Pas encore. C’est trop tôt. Les nanites se sont bien fixées sur les yeux mais on n’a pas encore de retour. Quoiqu’il en soit, on se retrouve bientôt. J’ai prévu de mettre à profit le repas de midi pour m’éclipser et quitter définitivement les lieux.

– A très bientôt alors, au lieu de rendez-vous !

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Les coulisses de l’histoire

Pas grand chose à dire, si ce n’est que j’ai dû me creuser les méninges pour qu’on apprenne quelque chose de nouveau tout en restant dans la continuité. J’avais commencé à rédiger la trame avant de connaître la liste de mots. Finalement, « ferronnerie » « abîme » et « peur » n’étaient pas trop compliqués à caser grâce à la visite de la tour Eiffel. Un comble « fils », le mot que j’ai trouvé dans mon livre, est peut-être celui qui m’a donné le plus de fil à retordre. Il tombe d’ailleurs un peu comme un cheveu sur la soupe.

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24 réflexions sur “Haute technologie

  1. Ton texte et très bien écrit et cette histoire de polonium fait encore parler, en tout cas ça fait froid dans le dos ! Combiné aux nouvelles technologies, l’arme chimique semble de plus en plus accessible !

  2. Super bien trouvé l’idée des nano robots,;-) j’ai tremblé au moment du passage de la tour Eiffel

    j’ai eu aussi des difficultés avec fils (j’ai détourné le sens fils – fille) pour parler des fils du téléphone 🙂

  3. il y à des gens comme ça, on leur donne des mots comme racornir, prélude, ferronnerie, tilleul… ils pense technologie de pointe ! 🙂 Sinon, c’est bien, petit à petit tu l’emmène quelque part. Est ce qu’il va sauter ?

  4. Et bien moi « Mathilde et couvent » m’ont rappelé un défi, peut-être ai-je trouvé la solution pour Mathilda lol!!!

    Toute petite, Clotilde
    Fut placée dans une guilde
    Sous l’autorite de Mère Mathilde.
    Du soir au matin
    Clotilde frottait sa lampe d’Aladin
    Espérant changer son triste destin,
    Car aussi douce était Clotilde
    Aussi cruelle l’était Mère Mathilde
    Influant la jeune fille à fuir de la guilde.
    Un matin frottant si fort la lampe d’Aladin
    Il en sortit un génie un peu crétin
    Qui lui dit pouvoir changer son destin.
    En un instant Clotilde
    Se vit projetée dans la forêt de Sheffield
    Précédée de son génie appelé Garfield.
    Garfield génie crétin
    Mais tellement malin
    Lui déballa tout son baratin.
    Afin d’oublier cette cruelle Mère Mathilde
    Va tout au fond de la forêt de Sheffield
    Tu y trouveras le petit fils du baron Rothschild
    Il t’épousera et changera ton destin.
    Et sur ces mots, disparut le génie crétin
    Non sans participer du fond de sa lampe au festin.

    -dimdamdom-
    Bon c’est sûr ça déborde un peu de ton style « Agatha Christie » hihi!!!
    Je te souhaite une douce soirée!!!
    Bisous
    Domi.

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