Maudits biscuits !

biscuits aux noix de pécanVoici ma participation au défi d’octobre du blog L’entonnoir.  J’ai eu envie de participer au défi, à ma manière, en écrivant ce petit texte.

………………………………………………………..

Le défi

Pour le défi du mois d’octobre, je vous propose d’aller explorer le suspense et les intrigues psychologiques à la manière d’Alfred Hitchcock. J’ai toujours trouvé que ses films riment bien avec le mois d’octobre ! Parfois sombre, souvent tordu, toujours un casse-tête mental et une intrigue à rendre fou !

Saurez-vous écrire un texte qui nous baigne dans l’univers d’Alfred Hitchcock ?

Le défi est de composer un récit à la manière des films d’Alfred Hitchcock et débutant le texte par la phrase « C’est en sortant les biscuits du four que je compris ce qui s’était réellement passé. ».

………………………………………………………..

Maudits biscuits !

C’est en sortant les biscuits du four que je compris ce qui s’était réellement passé.

Une heure et demi plus tôt…

A la veille du nouvel an, les rues de New York étaient illuminées. Le bitume était luisant après l’averse qui m’avait surpris au moment où je sortais du cabinet d’avocats dont j’étais l’un des associés. La circulation était dense en ces périodes de fêtes. Une enfilade de points lumineux rougeâtres, ponctuée par la lueur bleutée des néons,  s’étirait sur la 5ème avenue. Je me hâtais avant la fermeture des magasins. Au bout de dix ans d’un mariage qui  battait de l’aile, je me faisais un devoir de trouver un cadeau à peu près potable pour Marjorie. C’était la condition indispensable pour avoir la paix, une paix à laquelle je tenais plus que tout.

Déjà dix ans… C’était alors une jeune femme pleine de charme, intelligente et rieuse. Je l’avais rencontrée à Central Park. La balançoire sur laquelle elle s’était installée pour lire oscillait lentement. Le mouvement pendulaire faisait virevolter ses longs cheveux avec une grâce qui me subjugua. Lorsqu’elle referma son livre et se leva, j’étais encore là à la regarder, comme hypnotisé. Un bout de papier s’était échappé des pages du livre, mais elle s’éloignait déjà. Je m’étais précipité et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, j’étais devant elle et lui tendait le feuillet qu’elle venait d’égarer. Nous avions immédiatement engagé la conversation et, à ma grande surprise elle avait accepté de m’accompagner lorsque je lui avais proposé d’aller nous promener au zoo. Le temps semblait s’être arrêté. La ville et ses gratte-ciel me paraissaient à des années lumière. L’agitation citadine s’était métamorphosée en un lieu apaisant, hors du temps. J’étais amoureux.

 Je m’ébrouai. Le foulard que j’avais dégoté chez Sacks m’avait coûté une petite fortune mais au moins ma mission était accomplie. Je la mettais au défi de trouver le moindre reproche à me faire. J’en avais d’ailleurs profité pour acheter le même cadeau pour Clara. A quoi bon se casser la tête, il ferait tout aussi bien l’affaire. Les femmes sont toujours sensibles à ces petites attentions, dès lors qu’on y met le prix.

Lorsque je pénétrai dans notre luxueux appartement de l’Upper East Side, je perçus un subtil parfum flottant dans l’air : l’odeur des cookies aux noix de pécan pour lesquels je me serais damné. Quelques éclats de voix m’indiquèrent que les invités étaient déjà arrivés. J’eus tout juste le temps de cacher le deuxième cadeau dans le placard de l’entrée lorsque Marjorie me fit un signe et, d’un clin d’œil, m’invita à la rejoindre à la cuisine. Elle connaissait mon péché mignon et me tendit un biscuit qu’elle préleva de la plaque de cuisson. Tous ces biscuits parfaitement alignés me donnaient l’eau à la bouche.

– Dis-moi ce que tu en penses. Il y a une autre fournée en cours de cuisson.

Le cookie était parfait. Tiède, goûteux et croquant à souhait. Je me surpris même à fermer les yeux pour mieux apprécier et me délecter de ce biscuit à l’avant goût de paradis.

– Allons retrouver nos invités, tu veux bien ? Vas-y, je te rejoins dans une minute.

Les invités se connaissaient tous et les discussions allaient bon train. Je me mis en devoir de servir l’apéritif. A Noël, Champagne et caviar étaient de rigueur. Alors que je remplissais plusieurs coupes de ce breuvage raffiné, je sentis ma tête tourner. Je n’avais pourtant pas encore bu la moindre goutte d’alcool. Le léger malaise s’accentua, aussi je demandai à Marjorie de me remplacer.

– Va boire un verre d’eau fraîche. Et, au fait, tu peux sortir la deuxième fournée ? Ils doivent être cuits.

C’est en sortant les biscuits du four que je compris ce qui s’était réellement passé.

Quinze cookies étaient parfaitement disposés sur la plaque que je déposai sur le plan de travail. Trois rangées de cinq biscuits, impeccablement alignés. La fournée précédente en comportait seize, je me souvenais qu’ils formaient un carré parfait. Je remarquai à présent que leur disposition avait été modifiée : là aussi, trois rangées de cinq biscuits. Personne n’irait imaginer qu’il en manquait un, celui que j’avais mangé !

– Bien joué, Marjorie, pensais-je en m’écroulant, secoué de spasmes et sentant la vie m’échapper inexorablement. Comment avait-elle su pour Clara ?

………………………………………………………..

Les coulisses de l’histoire

J’ai choisi New York comme cadre, car je n’imaginais pas un film de Hitchcock se déroulant en France. De plus, l’histoire devait avoir lieu dans un milieu huppé où le personnage principal serait un homme riche dont la réussite professionnelle était proportionnelle à sa goujaterie.

Pour m’aider à trouver l’inspiration et à démarrer l’histoire, j’ai utilisé un générateur de mots.  J’ai commencé à rédiger le texte en me servant de ces mots,  pour ensuite en éliminer la plupart une fois que l’histoire avait pris corps.

Publicités

14 réflexions sur “Maudits biscuits !

  1. Bravo pour ce texte. Quelle chute ! Quelle stratagème de la part de sa femme. Comment dirais-je ? D’une part je suis heureux que tu ais écris un texte. D’autre part, je suis triste que tu ne le publies pas dans l’Entonnoir. En faisant ça toute seule dans ton coin, tu passes à côté du but du jeu de l’Entonnoir: Publier un groupe des textes sur un même thème. Je te propose de rapidement créer un nouveau blog avec ton vrai nom, car dans l’Entonnoir, on écrit pas avec des pseudonymes. Puis republie le même texte dans l’Entonnoir en cochant le Défi d’octobre dans la liste. Il serait dommage que les autres ne puisse pas en profiter. Ose et publie !

  2. C’est en sortant les biscuits du four que Mrs Miller comprit ce qui s’était réellement passé…

    Depuis la dernière glisse, le 5e régiment de marins était prisonnier d’ une jungle hostile. Un lieu inconnu à une date inconnue.

Laisser un commentaire...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s