Le marchand de quatre saisons

Un nouveau défi, cette fois-ci à l’initiative du blog L’entonnoir. Je ne peux pas m’inscrire sur le blog car je n’aurai probablement pas la possibilité de tenir mes engagements. J’ai donc décidé de participer indirectement au défi de septembre, en publiant mon petit texte ici.

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Le défi

Le défi est de composer un récit qui intègre trois objets, une pomme, une trottinette et une clôture, et ce, en donnant une place à la couleur « rouge ».

Thème : Libre

Longueur : Minimum : 100 mots. Maximum : 600 mots.

Contrainte : Le texte doit inclure trois objets, une pomme, une trottinette et une clôture.

Contrainte additionnelle : La couleur « rouge » doit avoir une place dans votre récit.

Tant qu’à intégrer des objets, profitez-en pour décrire abondamment les objets tels que vous les imaginez…

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Le marchand de quatre saisons

La pluie avait cessé. Une fois de plus, Pippo avait été consigné dans sa chambre en ce samedi après-midi d’automne. Son carnet de notes, le premier de cette année scolaire, était à la hauteur de ses maigres efforts : un vrai désastre. L’heure des courses hebdomadaires avait sonné.  Il était enfin seul !  Ni une ni deux, il sortit à pas de loup, saisissant sa trottinette,  et fila au fond du jardin. Mieux valait ne pas se faire remarquer, car le voisinage pouvait se montrer hostile envers les enfants désobéissants.

La clôture de bois ne présenta aucune difficulté. Il avait pour habitude de la franchir en détachant une latte de bois dont la fixation avait cédé depuis belle lurette. Une fois remise en place, il enfourcha son engin et partit en direction du lac des Bruyères, slalomant entre les flaques pour éviter d’être éclaboussé.  Cette fois-ci, Pippo sentait que la chance était avec lui. Il était fin prêt pour la course organisée par le Club Carlusien de Trottinettes Mécaniques. Il  arriva juste à temps pour le départ des  8 – 12 ans et s’empressa d’aller rejoindre les autres participants sur la ligne de départ. Chaque trottinette avait été personnalisée avec le plus grand soin par son jeune propriétaire. Celle de Pippo était d’un beau rouge vif agrémenté de fines rayures noires. Deux fanions noirs et or en ornaient le guidon.

Au coup de sifflet, les gamins démarrèrent sur les chapeaux de roues. L’alignement de trottinettes se disloqua en une ribambelle de points multicolores qui apportaient une touche colorée à la grisaille automnale. Le tour du lac faisait environ un kilomètre ; bien des imprévus pouvaient surgir sur cette distance.  Le circuit n’était pas sans danger. En effet, pour certains concurrents, tous les coups étaient permis, tels que coups de pied dans la fourche ou queues de poisson, sans compter les multiples embûches qu’il fallait anticiper, comme le revêtement de la piste rendu glissant par la pluie ou les arbres dont les branches ployaient lourdement jusqu’au sol.

Un petit groupe, au sein duquel se trouvait Pippo, s’était détaché du peloton et filait en tête de la course. S’il continuait à ce rythme, le garçon avait toutes ses chances. Il se voyait déjà grand vainqueur, ramenant fièrement la coupe à la maison. Ses parents oublieraient sur le champ qu’il avait désobéi et le féliciteraient. La distance qui le séparait du premier, un dénommé Bruno, s’amenuisait peu à peu. Pippo jeta un rapide coup d’œil en arrière. Bonne nouvelle, il était en train de distancer ses concurrents les plus proches. Encore un dernier effort !

Pendant ce temps, à quelques 200 mètres de là, Monsieur Pignon, le marchand de quatre saisons, dont l’étal était installé en bordure du lac, servait un kilo de Pink Lady à sa cliente, Mme Bouchon. Il lui tendait son sac de pommes, lorsque le papier se déchira.  Un fruit s’en échappa, roula jusqu’au bord de la butte et commença à dévaler la pente.

Pippo était à présent au même niveau que son adversaire. La victoire était à portée de son pied gauche auquel il donna une impulsion, pour mieux bondir vers la ligne d’arrivée. C’est alors qu’une vision incongrue le saisit. Une boule rouge dévalait le talus et, avant qu’il ait pu réagir, percuta sa roue avant. Le choc le déséquilibra et il termina sa course dans l’herbe, furieux et désappointé devant tant de malchance. Ses genoux écorchés étaient la preuve flagrante de son cuisant échec. Il tendit le bras, saisit la pomme et croqua dedans avec rage.

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2 réflexions sur “Le marchand de quatre saisons

  1. Pauvre Pippo! Charmante nouvelle. J’aime bien le côté visuel, coloré. J’avais vraiment l’impression d’assister à la scène, de suivre Pippo dans sa quête de la coupe. Je m’attendais à un mauvais coup de la part de Bruno, mais oh surprise, une pomme! À l’arrivée de monsieur Pignon, j’ai eu un flash « Amélie Poulin » dans ta façon de narrer l’histoire! Ha voilà, c’est le narrateur extra-diégétique 😉

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