Ecriture et fautes d’orthographe – 2ème partie. Pourquoi voit-on mieux les fautes commises par les autres ?

Vous connaissez tous le proverbe « On voit la paille dans l’œil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien ».  Il serait donc dans la nature humaine d’être plus sensibles aux défauts d’autrui, aussi minimes soient-ils,  qu’à nos propres défauts. Transposé à l’écriture, cet adage pourrait devenir : nous détectons immédiatement les fautes d’orthographe, de grammaire ou d’étourderie dans un texte que nous n’avons pas rédigé, alors que nous sommes incapables de repérer nos propres fautes.

Je suis bien placée pour vous en parler, car c’est exactement ce qui m’arrive au quotidien.

Lorsque j’écris un texte, je m’en imprègne et je le connais dans les moindres détails. Comme tout bon rédacteur qui se respecte, je me relis et me relis encore, et pourtant cela ne suffit pas toujours.

Comment se fait-il alors que certaines fautes, pourtant évidentes, puissent m’échapper ?

En premier lieu, souvenez-vous, je suis moins vigilante puisque je compte sur l’aide précieuse de mon correcteur. Or, celui-ci ne m’a pas alertée. Voici quelques exemples de fautes classiques pour lesquelles le correcteur orthographique ou grammatical n’est d’aucun secours :

  • ­   les fautes d’accord dans les phrases complexes ne peuvent pas toujours être détectées : « les brugnons et les pommes que j’ai mangées » (au lieu de « mangés »)
  • ­    certaines inversions de lettres : « chine » au lieu de « chien », ou « magner »    au lieu de « manger »
  • ­   l’utilisation non voulue d’un homonyme : « saigneur » au lieu de « seigneur »
  • ­   l’oubli d’un mot dans une phrase «  les brugnons et les pommes j’ai mangés »
  • ­   la ponctuation : il ne s’agit pas à proprement parler de fautes, mais la façon de l’utiliser peut changer le sens d’une phrase ou la rendre incompréhensible : « Sophie, dit maman, apporte le pain » ou » Sophie dit : maman apporte le pain ».

Pourquoi suis-je moins vigilante ?

Un lecteur, une fois passée la période d’apprentissage de la lecture, dans les petites classes, ne procède pas par déchiffrage, mot à mot. Son œil se déplace rapidement et fixe seulement quelques points sur une ligne. A ce propos, il est toujours étonnant de constater que l’on est capable de comprendre sans trop d’efforts une phrase composée de mots aux lettres mélangées. Voici un petit test amusant : êtes-vous capable de lire et de comprendre le sens de la phrase suivante ?

« Sleon une édtue de l’Uvinertisé de Cmabrigde, l’odrre des ltteers dnas les mtos n’a pas d’ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère et la drenèire soit à la bnnoe pclae. Le rsete peut êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas porlblème. C’est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot. »

Le fait de lire chaque mot comme un tout requiert moins d’attention et ne facilite pas le repérage des erreurs que je peux commettre. De plus, comme je l’écrivais plus haut, je m’imprègne du texte que j’ai produit. J’aurai donc d’autant plus tendance à lire « en diagonale » et à m’attacher au sens général et à la syntaxe plutôt qu’aux petits détails.

Alors, que faire ?

­   Se relire encore et encore, en essayant de se concentrer. Pour cela, mieux vaut s’isoler pour éviter d’être distrait par tout ce qui pourrait venir parasiter notre concentration : télévision, conversations et autres bruits ambiants.

­   Si cela est possible, laisser passer plusieurs jours avant de reprendre son texte. Hélas, cela n’est pas toujours possible, surtout si vous écrivez un article qui porte sur un événement d’actualité dont la publication ne peut pas être différée.

­   Faire relire son texte par un tiers. La formule présente plusieurs avantages. Tout d’abord, on aura mis plus de soin à peaufiner son texte car ce tout premier lecteur va juger notre production et on souhaite avant tout faire bonne impression. Ensuite, c’est avec un regard tout neuf qu’il va découvrir ce texte. Il sera dans de bien meilleures conditions que nous ne pourrions l’être pour déceler les quelques fautes qui auraient pu s’y glisser. La découverte du texte, c’est ce qui fait toute la différence.

Quelques petites astuces lorsqu’on hésite sur l’orthographe d’un mot

Lorsqu’on hésite sur l’orthographe d’un mot ou lorsqu’on s’interroge sur une règle de grammaire pour lesquelles le correcteur orthographique n’est d’aucune utilité, comment s’en sortir ?

  • Procéder à une recherche sur Internet. En effet, de nombreux sites traitent de la langue française, de son orthographe et de sa grammaire. Ils constituent une aide précieuse à ne pas négliger.
  • Vous n’avez pas accès à Internet ? Pas de panique. Il reste une vieille technique, que j’avais apprise à l’école primaire d’un instituteur remplaçant et que j’utilise encore aujourd’hui. Lorsqu’on hésite entre deux orthographes, on garde celle qui nous est venue à l’esprit en premier. La méthode n’est pas infaillible car elle n’a rien de scientifique, mais, en ce qui me concerne, elle m’a rendu de grands services. Ne dit-on pas que la première impression est toujours la bonne ?
  • Enfin, en cas de doute persistant, pourquoi ne pas utiliser un synonyme ou une autre tournure de phrase ?

Et vous, quelle est votre méthode pour éviter les « coquilles » dans vos articles ou dans la vie courante (mails, courriers…) ?

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4 réflexions sur “Ecriture et fautes d’orthographe – 2ème partie. Pourquoi voit-on mieux les fautes commises par les autres ?

  1. Merci! Excellente chronique. J’ai terminé hier le premier jet de mon roman, j’en suis à la réécriture et à la révision orthographique et je sais que je vais en laisser échapper… mais je vais conserver tes astuces en mémoire, elles m’éviteront sûrement quelques fautes.

    • Merci Caroline.
      Félicitations pour ton roman. Maintenant, tu vas pouvoir t’attaquer aux finitions. Quant aux fautes, elles sont quasi inévitables en effet. Personne n’est infaillible, hélas (ou heureusement, car ainsi on est tous logés à la même enseigne… ? 🙂 ).

  2. Super ton article! Je me retrouve 😉
    La révision de mon livre me prend plus de temps que sa rédaction. C’est terrible!
    Je fais lire aussi à des tiers. Je relis encore et encore. Je recherche des synonymes et autres tournures en cas de doute. Je supprime carrément si besoin.
    J’ajouterai de relire aussi le texte imprimé.

    • Je comprends que la révision prenne du temps. Effectivement, il n’y a pas que l’orthographe. Il y a les lourdeurs à éviter, le texte à aérer pour qu’il soit agréable à lire. Et si, comme moi, tu doutes en permanence, cela peut durer longtemps en effet…

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