Ecriture et fautes d’orthographe – Première partie L’ordinateur nous apprend-il à mieux écrire ?

Par le passé, les ordinateurs étaient exclusivement réservés aux gros traitements. Hormis la machine à écrire, l’outil par excellence utilisé pour écrire était le crayon. Que s’est-il produit avec l’avènement de l’ordinateur personnel ? Plus besoin de gomme ou de correcteur, finies les pages dactylographiées, maculées de morceaux de bandelettes blanches parsemées ça et là tels de petits bouts de pansements. Tous ces cache-misère étaient censés masquer l’horrible faute qui s’était sournoisement  glissée, après une bonne vingtaine de lignes sans la moindre bavure. Afin d’obtenir un travail impeccable, il fallait redoubler d’attention : éviter les fautes de frappe, mais aussi faire preuve d’une parfaite maîtrise de l’orthographe et de la grammaire.

Le développement des ordinateurs et l’usage des traitements de texte ont été une véritable révolution pour ceux dont l’écriture, ou plutôt la  retranscription de textes était le métier. Aujourd’hui, tout le monde a accès à ce fabuleux outil qu’est l’ordinateur. Ecrire est alors devenu de plus en plus facile : effacer une faute est un jeu d’enfant : les ratures et autres pâtés disgracieux peuvent être rangés aux oubliettes. Quelques secondes suffisent à supprimer proprement et définitivement l’objet du délit, sans laisser la moindre trace.

Cerise sur le gâteau, nous avons la possibilité d’être assistés d’un correcteur orthographique et grammatical qui nous alerte à la moindre erreur.

 Le revers de la médaille  ne s’est pas fait attendre. La confiance aveugle que nous portons à ces précieux assistants a transformé notre façon d’appréhender l’acte d’écriture. Le manque de concentration et une fâcheuse tendance à l’étourderie voire à la paresse caractérisent les nouveaux « rédacteurs » que nous sommes devenus. Pire encore, nous désapprenons peu à peu ce qu’autrefois nous maîtrisions sans effort. Nous assistons à une recrudescence de fautes, que  les correcteurs, aussi sophistiqués soient-ils, ne peuvent pas toujours repérer. Cela dit, cet outil peut parfois s’avérer agaçant, lorsqu’il souligne à tort certains mots de vaguelettes rouges ou vertes, simplement pour une question de mauvaise interprétation ou de contexte.

De nombreux articles, parfaitement structurés et écrits dans un français impeccable, sont malgré tout parsemés de « coquilles ». Comment cela s’explique-t-il ? Négligence de la part de leur auteur qui n’a pas pensé à activer  les outils de correction intégrés à son traitement de texte ou qui n’a pas pris la peine de relire son texte ? Comment se fait-il que nous ne parvenions pas à repérer des fautes pourtant évidentes ? (Qui sait d’ailleurs si ce n’est pas le cas dans cet article…). Existe-t-il des astuces pour y remédier ?

Ces questions seront abordées dans la deuxième partie de cet article, que je publierai prochainement. D’ici là, vos commentaires sont bienvenus.

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10 réflexions sur “Ecriture et fautes d’orthographe – Première partie L’ordinateur nous apprend-il à mieux écrire ?

  1. Ce que je trouve dommage avec l’utilisation de plus en plus normale des traitements de textes et correcteurs en tous genres, c’est la disparition du brouillon comme sujet d’étude de l’oeuvre littéraire. Les chercheur de demains qui étudierons les oeuvres d’aujourd’hui n’auront pas cet outil pour récapituler la pensée d’un auteur, ses chemins de traverse, ses processus.
    Et pour l’écriture, ces outils sont parfois pratiques, mais rendent paresseux. Et je n’écris jamais sans mon Bescherelle à portée de main!

    • Merci pour ton commentaire.
      Je n’avais pas réfléchi à cet aspect des choses. Ce que tu dis est tout à fait vrai. Seul un manuscrit permet de se rendre compte du cheminement de la pensée de son auteur, ses errances, retours en arrière, hésitations. Toutes ces précieuses informations disparaissent à l’ère du numérique.
      Ouvrir un manuel de grammaire est une démarche plus difficile que celle qui consiste à vérifier l’orthographe d’un mot dans un dictionnaire. Tu es très consciencieuse. Pour ma part, n’ayant pas de livre de grammaire, j’utilise Internet.

  2. Pour ma part j’écris pas mal, c’est une passion. Malheureusement, on m’attribue un manque de sérieux car je suis dyslexique, de surcroît je cumul les fautes de grammaires et d’orthographes. J’ai appris plus tard que les méthodes d’apprentissages de l’écriture changeaient profondément cette compétence. Relire un texte est une tâche longue et me rempli d’un sentiment d’impuissance car je ne voie pas les fautes, de plus dés que je cherche dans un livre c’est une longue séance de doute pour chaque phrase, avec la peur de créer d’autre fautes. En d’autre terme c’est frustrant et décourageant, il m’en vient même, parfois, l’idée d’arrêter d’écrire. Malgré tous mes efforts mes cours de français encore à mon age j’ai des soucis, alors que faire, persévérer est la meilleure des solutions est fournir un effort constant est la garantie de lents mais constants progrès.
    Il y a aussi une discrimination qui est faite envers les personnes qui écrivent avec des fautes, comme si la pensée  » juste  » ne pouvait être exprimée que dans un français irréprochable.
    Nous parlons de surcroît beaucoup de fautes orthographiques et grammaticales, mais nous oublions aussi les fautes typographiques qui sont légions. Elles sont dû à plusieurs lacunes, la première est le système d’apprentissage de l’écriture, les majuscules accentuées est une règle de base, les quarts de cadratin est un espace peu présent ou difficile à faire sur nos ordinateur ce qui génère donc des fautes moins visible mais présente dans beaucoup de texte.
    Il y a certes une perte des automatismes de l’écriture, ce qui m’inquiète d’avantage c’est l’introduction de mots étrangers ou dérivés du langage SMS dans nos dictionnaires et nos façons de parler. Nous allons, je penses, vers une simplification du langage se qui entraîne une simplification de la pensée. Ceci est mon avis personnel.
    Pour moi le correcteur d’orthographe est un outil, en prendre un compétent et pas celui par défaut c’est la base. Mais j’ai toujours l’appréhension de faire des fautes car personne n’est parfais. Certain correcteur proposent des définitions et règles grammaticales, ce qui permet d’apprendre tout en se corrigeant.

    Je pense certes que les chercheurs littérature de demain auront des difficultés à suivre la pensée de l’auteur, mais ils pourront approfondir l’étude de la vie de l’auteur afin de décrypter au travers de son style, son environnement, ses passion, le rythme de sa vie, ses muses et état d’esprit plus aisément que par le passé, et ce grâce au réseau sociaux..

    Pour ma part j’utilise un logiciel de mise en page se qui permet de créer différent blocs textes partout autour de la page principal et ainsi de faire des essayes de descriptions ou de marquer les sources et recherches qui servent mon ouvrage, le tout appuyé par le petit livret qui regroupe mes envies, phrases, blagues et événements annexes que j’aimerais intégrer au roman. Donc si un jour je suis un auteur connu, ce que je doute, c’est donc mes documents annexes et le fichier original qu’il faudra analysé et pas le PDF final. Mais de même que l’on analyse le manuscrit de préférence avant le texte imprimé.

    En finalités je pense que les correcteurs ne remplaceront jamais un bon apprentissage
    de la langue et que les chercheurs en littérature auront un travail plus difficiles car le nombre de support à analysée sera plus divers et non pas regroupé en un seul volume. Quand on y réfléchit un tableau à de nombreuses esquisses aux fusains avant d’être peint et on ne se penche encore principalement que sur la toile alors que les sources de l’inspiration sont partout ailleurs car, pour moi, l’œuvre et une finalités.

    Veuillez m’excuser pour la longueur de mon texte et les probables nombreuses fautes qui y sont attachées.

    • Edward, merci pour ton message.
      Je pense que si tu évoques tes problèmes de dyslexie, dès lors que tu dois t’exprimer par écrit, personne ne mettra tes capacités en doute ni ne t’attribuera un manque de sérieux. Pour moi, si nous nous attachons autant à soigner notre orthographe, c’est parce que nous avons été formatés ainsi depuis la plus tendre enfance. Et cela nous suit tout au long de la vie. Lorsqu’on est en recherche d’emploi, on sait pertinemment qu’une lettre truffée de fautes sera définitivement écartée. Il suffit de la faire corriger par un ami et le problème est réglé. Pour preuve, je travaille dans une grande société et je peux te dire que ceux qui font le plus de fautes sont pour la plupart des personnes qui occupent des postes de manager.
      Tout ça pour dire que tu ne dois pas cesser d’écrire. Qui sait si les grands écrivains ne faisaient pas de fautes ? En revanche, ils avaient des correcteurs (humains) et même aujourd’hui les livres sont relus par de « vrais » correcteurs avant d’être publiés. De plus, comme tu le soulignes, personne n’est parfait. Pour ma part, je doute de plus en plus et c’est ce qui m’a amenée à rédiger cet article.
      Ton logiciel semble très complet, surtout s’il permet de retrouver le cheminement de la pensée de l’auteur, mais il serait étonnant que toutes ces étapes intermédiaires soient disponibles pour le public (notamment les chercheurs).
      Bon courage et n’hésite pas à partager et, pourquoi pas, nous montrer ce que tu écris.

  3. Internet me sert très souvent pour trouver des synonymes ou des traductions. J’écris toujours branchée (pour ce projet-ci du moins), alors si je cherche une information, ça ne prend qu’un instant. Mais j’aime bien le Bescherelle pour les conjuguaisons!
    Avec la fin des brouillons d’écriture, c’est toute une branche des études littéraire qui disparaîtra à plus ou moins long terme…

    • Caroline, je fonctionne tout comme toi : connectée en permanence lorsque je dois écrire. En revanche, j’avoue ne pas avoir mis le nez dans un livre de grammaire depuis de longues années. Là aussi, je compte sur Internet.
      Lire le Bescherelle demande énormément d’investissement…

  4. Un article très intéressant car je suis souvent effarée par les fautes (des fois ce ne sont plus de simples coquilles ou des fautes de frappe) que je vois dans des blogs de lecture, donc par définition sous-titrée, des blogs littéraires ! Et des blogs tenus par des enseignants qui plus est ! Je pense, qu’en dehors de la dyslexie (je suis dyslexique depuis mon enfance), il existe un réel problème d’apprentissage et d’évaluation : dans certains collèges, les élèves ne sont plus évalués en français !!!! Je pense aussi que la télé, les jeux vidéo à haute dose se font au détriment de la lecture et la lecture quand elle est pratiquée jeune permet à la mémoire de photographier certains codes orthographiques. J’écris toujours un brouillon papier de mes billets, je ne me sers pas du correcteur Word mais quand j’ai un doute, j’ai le réflexe dictionnaire papier immédiatement ! Il m’arrive malgré tout de laisser passer des coquilles ou des fautes évidentes que la fatigue souvent m’empêche de voir mais quand je relis et SI je vois mes fautes, je me dépêche d’aller corriger !!! Il ne faut pas hésiter à demander à nos amis de nous dire quand nous avons fait une faute, cela aide à avancer !

    • Merci beaucoup pour ton témoignage Asphodèle. Tu es donc beaucoup plus « papier » pour tes écrits que « ordinateur ». Je suppose que les réflexes sont différents lorsqu’on écrit à la main, on est probablement plus attentif…

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